2012 commence sur les chapeaux de roue pour le débat fiscal. Et vous apportez des informations.

Oui, les derniers mois de 2011 ont charrié leur flot de mesures fiscales avec les plans de rigueur successifs. Certaines ont fait couler beaucoup d’encre : la hausse du taux réduit de TVA à 7% ; la taxation des boissons sucrées. D’autres ont été moins commentées : le gel des tranches de l’impôt sur le revenu, ultra-rentable pour l’Etat ; la création d’une quasi-nouvelle tranche à 45% pour les très hauts revenus. Et effectivement 2012 commence fort, à droite comme - vous allez voir - à gauche. C’est un signe qui ne trompe pas : quand on commence à parler impôt, c’est que les élections s’approchent. La fiscalité est un des rares leviers sur lesquels les politiques ont encore la main. C’est aussi un domaine où le clivage droite-gauche est patent.

A droite, le projet de TVA sociale lancé par Nicolas Sarkozy va-t-il aboutir ?

En tous cas, l’Elysée veut aller vite et Xavier Bertrand, le ministre du Travail, aussi. L’idée, on le sait, est de transférer une partie des cotisations patronales affectées à la branche famille sur un impôt, sans doute la TVA, pour alléger le coût du travail, donc aider l’emploi et taxer les importations. Une baisse de cotisation salariale n’est pas exclue. On parle d’un collectif budgétaire, avec le vote d’une première étape qui s’appliquerait après la présidentielle. Evidemment, une telle idée, défendue par des économistes et appliquée dans l’Europe du Nord tant vantés et en Allemagne, (une telle idée) est audacieuse en ce moment : une hausse de la TVA, c’est un chiffon rouge pour le pouvoir d’achat.

Et cela bouge aussi du côté de François Hollande ?

Oui, mais, là, à l’inverse, dans le sens de la prudence. Vous vous souvenez que le projet du parti socialiste annonçait la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, pour donner une plus grande progressivité aux prélèvements ; il évoquait une retenue à la source sur le bulletin de salaire ; Eh bien, tout cela n’est plus urgent du tout. Le grand soir fiscal attendra. La fusion est devenue rapprochement. C’est l’impôt sur le revenu qui serait réformé, avec la suppression de niches fiscales et un nouveau barème. La retenue à la source n’est pas prioritaire. Le quotient familial serait peut-être supprimé, mais le quotient conjugal (taxation des couples) serait maintenu. La raison de ce virage ? Une réforme radicale aurait fait beaucoup de perdants, sans doute parmi les classes moyennes.

La fiscalité, c’est un sujet piège pour ces deux candidats ?

Chacun traîne en quelque sorte son boulet. A tort ou à raison, le paquet fiscal colle toujours à Nicolas Sarkozy. A tort ou à raison, les Français se souviennent que François Hollande, en 2007, avait considéré comme riche toute personne gagnant plus de 4.000 euros par mois – c’est-à-dire, selon les critères, entre plusieurs centaines de milliers et un ou deux millions de personnes. Les impôts, ça passionne, mais tout le monde a aussi son avis !

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