Dès aujourd'hui, le 3 janvier, vous êtes obligé de constater les records chinois !

Deux nouveaux « passages » de cap, deux nouveaux tournants sont à signaler ce matin parce qu’ils sont symptomatiques, très concrètement, du changement en cours - du basculement historique, disent certains pour faire pompeux. Un : cette année, Pékin devrait devenir l’aéroport, le « hub », le plus important au monde, dépassant Atlanta, aux Etats-Unis. L’indicateur retenu est celui du nombre d’offres de sièges passager proposé chaque semaine par les compagnies qui se posent dans la capitale chinoise. Deux : la Chine devrait produire cette année 20 millions de voitures, plus que l’Europe et l’écart devrait se creuser assez vite.

C’est assez normal, non ?

Oui, c’est normal, et il n’y a pas de quoi être béat d’admiration. Vous pourriez ajouter, si vouliez être absolument désagréable avec moi, que des données de ce genre, on peut en citer tous les jours. Et même qu’on en a un peu marre de les entendre – ça, c’est si vous vous exprimiez mal, ce qui n’est pas le cas ! Et c’est vrai qu’il est absolument normal qu’un pays de 1,4 milliard d’habitants devienne une plaque tournante aérienne et produise davantage de voitures qu’un continent (l’Europe) de cinq cents millions d’habitants. Comme il utilise plus de brosses à dents et de chaussures ! Sauf que…

… Sauf que ?

Sauf que d’abord, il y la vitesse à laquelle les choses se passent. Il y a vingt ans, moins d’un million de voitures sortaient des usines installées en Chine, contre trente millions pour l’Europe. Quant au trafic aérien, il augmente de 15% par an en Chine depuis dix ans. Sauf qu’ensuite, être devenu l’atelier du monde pour le textile, puis les téléphones portables, puis les téléviseurs, c’est une chose ; s’installer dans la tête du peloton pour le transport aérien et l’automobile, c’en est une autre. Même si l’on sait qu’une part non négligeable des voitures chinoises sont des voitures fabriquées sur place par General Motors, Toyota ou Volkswagen.

Et enfin, un troisième élément ?

Ne voir que la Chine, c’est regarder le doigt et ne pas voir la Lune - comme on dit. Au-delà de la Chine, c’est le glissement global vers l’Est qui est intéressant. Ainsi, cette année, la première compagnie aérienne mondiale devrait être Emirates, la compagnie basée à Dubaï, qui va dépasser l’américaine United Airlines. Emirates, qui fait le pont entre l’Europe et l’Asie, aligne 32 A380 géants, contre 8 pour Air France-KLM. L’aéroport de Singapour est rentré, quant à lui, dans le top 10.

Quelles conséquences pour nous, de tout cela ?

Il n’y a pas, pour l’instant, à paniquer et à fantasmer sur un déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie. L’Occident ne perd pas sa puissance, il perd le monopole de la puissance. Il y aura, il y a déjà, plusieurs centres de gravité ! En revanche, la comparaison (pas toujours la compétition) invite à des efforts. Un exemple ? Je peux vous dire que Roissy-Charles-de-Gaulle a des leçons à prendre de l’aéroport de Pékin.

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Le blog de Dominique Seux

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