Le magasin du Printemps, Boulevard Haussmann à Paris, a annoncé hier avoir signé un accord sur l’ouverture le dimanche.

Oui, c’est le dernier des grands magasins qui ne pouvait pas ouvrir ses portes tous les dimanches. C’est chose faite : trois syndicats, la CFDT, la CGC et l’Unsa ont donc dit oui. Le BHV, les Galeries Lafayettes et le Bon Marché, eux, avaient déjà conclu un accord ces derniers mois avec les syndicats. Concrètement, les Galeries Lafayettes ouvriront, par exemple, à partir de ce mois de janvier. Toutes ces grandes enseignes sont ravies parce qu’il y a beaucoup d’acheteurs potentiels surtout étrangers et beaucoup d’emplois. Alors, c’est intéressant pour plusieurs raisons. La première est que c’est un résultat de la loi Macron. Après les lignes d’autocars qui font ricaner mais qui sont en fait un énorme succès, le candidat à la présidentielle peut dire : l’ouverture des magasins le dimanche montre que la France qui bouge, ce ne sont pas seulement des grandes réformes macro-économiques, c’est aussi l’addition de réformes micro-économiques concrètes qui bout à bout font de la macro-économie. Et il a raison. Même si les petites réformes ne font pas non plus de la grande croissance.

Les entreprises ont dû lâcher des contreparties.

A côté des étudiants qui feront le gros des troupes, les salariés classiques du Printemps pourront travailler 12 dimanches par an sur une base volontaire, ils seront payés double, ils recevront par dimanche 60 euros pour garde d’enfant et ils auront un repos compensateur. Ce n’est pas rien, évidemment, cela veut dire que les magasins anticipent un gros chiffre d’affaires. Et en ce sens, c’est une réforme libérale-sociale. Les salariés ne se font pas nécessairement rouler dans la farine, pour parler dru !

Mais c’est un long processus…

On touche là à la difficulté de la réforme en France. Le texte a été élaboré à l’automne 2014, l’accord du Printemps sera appliqué d’ici juin 2017 – donc il y aura peut-être eu 1.000 jours pour un sujet qui n’est pas le débarquement sur la Lune non plus : on parle de l’ouverture le dimanche de quelques magasins dans Paris et en France, et notamment 500 mètres sur le boulevard Haussmann. Nos processus de décision ne fonctionnent pas. Quand on annonce une réforme ou une réformette, les Français croient que c’est fait, pas du tout. C’est cela l’épuisement de notre système politique.

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