On en sait un peu plus sur le calendrier fiscal du gouvernement.

On commence à y voir plus clair dans les intentions de l’exécutif si on décode les petites phrases publiques et les semi-confidences privées. On en saura plus d’ici demain soir, avec les discours d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, mais le gouvernement marche sur des œufs parce qu’il apparaît désormais clairement que certaines promesses du candidat ne seront pas respectées par le président, en tous cas pas tout de suite. Le risque est que des Français haussent les épaules en se disant : rien ne change, c’est toujours la même chose. Ingrid François et Renaud Honoré, les journalistes des Echos qui ont regardé cela de près, tiennent pour acquis que le basculement de certaines cotisations sociales payées par les salariés vers la CSG aura lieu l’an prochain avec, pour les salariés, un gain de pouvoir d’achat - mais pas pour tous les retraités. C’est une affaire à 20 milliards d’euros. Une 1ère étape de la suppression de la taxe d’habitation apparaît aussi acquise. S’agissant des entreprises, pas de geste spécifique et nouveau mais le maintien d’un taux d’impôt sur les bénéfices des sociétés à 28% pour les PME.

Qu’est-ce qui serait reporté ?

La transformation du crédit d’impôt compétitivité (CICE) en baisse de cotisations patronales n’aura pas lieu en 2019. Par un effet budgétaire complexe, cela alourdirait temporairement le déficit public de 20 milliards. L’exonération des heures supplémentaires n’est plus évoquée, tout comme la possibilité pour les couples de faire deux déclarations fiscales séparées. Mais il y a aussi des incertitudes : quid de la demi-suppression de l’impôt sur la fortune ? On ne sait pas, et de la même manière on ignore si la taxation à un taux unique des revenus du capital (30%) aura lieu l’an prochain. Au total, les arbitrages dépendront aussi de la conjoncture et des recettes fiscales disponibles. Mais l’impression qui domine à ce stade est que s’il fallait que je m’élève au-dessus de ma condition pour me rapprocher de celle de Thomas Legrand et que j’essaie de faire une lecture politique de ce qui se passe, je dirais qu’à côté d’une loi Travail plutôt favorable aux entreprises, le budget 2018 sera davantage tourné vers le pouvoir d’achat des ménages. Une sorte de « en même temps ».

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