L’épidémie de Covid-19 est hors de contrôle aux Etats-Unis, dit l'expert en chef de la Maison-Blanche. Le président donne toujours la priorité à la reprise économique et à Wall Street.

« Hors de contrôle » : l’expression est d’Anthony Fauci, le médecin responsable de la cellule de crise à la Maison-Blanche. Selon cet expert respecté – mais que Donald Trump essaie de priver de parole -, selon cet expert, les Etats-Unis se dirigent vers les 100.000 nouveaux cas de Coronavirus par jour, alors qu’ils tournent aujourd’hui autour de 50.000. 

Le Texas, la Californie et New York prennent des mesures, les MacDo restent fermés partout, parce que le virus a déjà tué 130.000 personnes. Si les prévisions noires de Fauci se confirment, ce nombre va grimper encore beaucoup – même si le virus semble moins mortel. 

A l’heure actuelle, le taux de létalité rapporté à la population reste moins élevé aux Etats-Unis qu’en France, mais il se rapproche vite et va le dépasser d’ici quelques semaines, alors même que le territoire américain est beaucoup moins dense qu’ici. 

Depuis le début, Donald Trump considère que les dégâts causés à l’économie sont supérieurs aux dégâts sanitaires et (c’est son expression) que le remède ne doit pas être pire que le mal : la formule a l'air rationnel mais elle signifie surtout "je m'en lave les mains". 

Son obsession, c’est sa réélection dans quatre mois, l’économie et la bourse. La Bourse va mieux que l’économie : le Fonds monétaire international, la semaine dernière, a prévu une récession de 8% aux Etats-Unis, grosso modo comme en Europe. Mais ce chiffre est en réalité incertain, d’un jour à l’autre les nouvelles sur le front de l’emploi changent de direction : hier, on a appris que près de 5 millions d’emplois ont été créés en juin, mais 17 avaient été détruits depuis février. 

On découvre une nouvelle fois l’incroyable flexibilité américaine, pour le meilleur et pour le pire, avec ce choix de laisser le marché agir tout seul, sans les filets de protection européens. Il va de soi que le modèle européen est plus soucieux des personnes. Mais on sait aussi qu’après 2009, les Etats-Unis étaient repartis infiniment plus vite que l’Europe. 

Quelle est la stratégie de Trump ?

Un : minimiser l’épidémie alors qu’en France, les pouvoirs publics dramatisent. Deux : valoriser la Bourse. C’est d’un cynisme absolu et évidemment scandaleux à nos yeux. Trois : attendre qu’un vaccin arrive. Dès novembre, le mois des élections ? Le président américain en rêve. L’enjeu pour tous ceux qui rêvent de le voir battu est de ne pas espérer secrètement que la crise du Covid empire. Mais ce n’est pas facile. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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