François Hollande et Jean-Marc Ayrault ouvrent aujourd’hui la seconde phase des économies dans les dépenses publiques.

Avec l'annonce des décisions sur les allocations familiales, ce seront les premières coupes de l’ère Hollande dans la protection sociale. Elles se poursuivront avec la reforme des retraites. Ces derniers mois, on avait eu des économies dans les dépenses de l’Etat : maintien du gel du salaire des fonctionnaires, baisse des subventions aux collectivités locales et du nombre de militaires. Mais rien encore dans le social. Nous y sommes. Et la question est de savoir si la méthode choisie, le coup de rabot qui entaille modérément mais fait mal à chaque fois que la lame passe (si cette méthode) vaut mieux que le coup ciseau franc qui fait vraiment mal mais qu’une fois.

Jusqu’à maintenant, on a surtout eu le rabot ?

Oui, et le problème est que cette méthode montre ses limites. Prenons le point de la fonction publique, il est gelé depuis trois ans. Ce n’est pas tenable éternellement. Si cela continue, les professeurs des écoles, en primaire, verront leur salaire déjà scandaleusement bas rattrapé par le Smic. Autre exemple : les frais de fonctionnement, les crayons et la colle dans les administrations. C’est une économie facile. Mais il n’est pas possible que des policiers ou des gendarmes (comme aujourd’hui) n’aient plus d’essence le 25 du mois !

Et dans le social aussi, le gouvernement choisit le rabot ?

Un plafonnement des allocations familiales (ou un resserrement du quotient familial) sur les plus ménages qui gagnent plus de 5.000 euros par mois, c’est du rabot en fait assez facile Comme les économies faites chaque année depuis vingt ans sur les médicaments. Ou les réformes des retraites, qui se font par petits bouts et qu’il faut recommencer sans cesse – celle qui se prépare sera la 4ème en dix ans ! Quelle perte d’énergie.

Il faut donc penser au ciseau ?

Seules des réformes d’organisation sont réellement efficaces et – si on ose le mot - payantes. Quoi par exemple ? Revoir les implantations des administrations, supprimer un échelon territorial, choisir entre les sous-marins nucléaires et le nucléaire aéroporté, entre les déclarations d’impôt papier ou numérique, bref choisir.

Dans le social, que donnerait le ciseau ?

En matière familiale, il serait plus logique, plutôt que de baisser les revenus de ceux qui élèvent des enfants, de supprimer la majoration de retraite dont ils bénéficient … à la retraite. A la clé, 4 milliards d’euros. En matière de retraite, les régimes spéciaux des entreprises publiques ne doivent-ils pas un jour être carrément remis à plat – ce que n’a pas fait Nicolas Sarkozy contrairement à ses promesses ? Bref les pistes existent, mais, évidemment, c’est du lourd !

En attendant, une certitude…

Aujourd’hui sera annoncée, quelles que soient les modalités, fiscale ou pas, une baisse de revenu pour un million de familles. Le plus bizarre est que la main du gouvernement tremble plus que quand il a supprimé, il y a un an, la défiscalisation des heures supplémentaires pour 8 millions de ménages modestes.

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