Le gouvernement dévoile sa stratégie pour l'après-Covid : priorité aux entreprises, pas de hausse d'impôts. Cela met du coup en porte-à-faux le discours d'Emmanuel Macron d'il y a un mois sur le "Tout va changer".

On y voit plus clair désormais sur la politique économique que va suivre Emmanuel Macron. 

1-Pendant le confinement, la politique a été claire et elle a d’ailleurs été peu critiquée : le gouvernement a mis l’économie sous cloche, les salaires ont été étatisés et l’ordre a été donné aux banques de prêter aux entreprises ; 

2- Depuis le 11 mai, des plans d’aide ont été annoncés à la queue leu leu pour les secteurs fragilisés : tourisme, automobile et bientôt aéronautique. 

3 - Le troisième temps, celui des choix stratégiques, se dessine pour une économie qui va reculer de 11% cette année – ce qui veut dire que 260 milliards se sont envolés. Hier, plusieurs déclarations de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, éclairent les choix qui doivent être on suppose ceux d’Emmanuel Macron. 

On les résume : la politique de l’offre plutôt que le soutien à la demande ; la baisse des impôts plutôt que le redressement des comptes publics. 

L’analyse est que ce sont les entreprises qu’il faut aider dans cette période, ce sont elles qui sont fragiles – ce qui est une évidence : leur fonctionnement va être dégradé y compris dans les secteurs qui vont bien, avec le coût de la prudence sanitaire. En revanche, pas besoin de soutien à la demande, l’Etat a garanti (pour l’essentiel) le pouvoir d’achat et l’épargne est globalement très élevée. Donc, en dehors de primes pour l’automobile et d’aides indispensables aux plus modestes, le soutien à la consommation n’est pas la priorité. 

Pour le reste, les impôts qui devaient baisser, comme la taxe d’habitation, baisseront, et il n’y aura pas de hausse d’impôt. Il s’agit de ne pas refaire l’erreur de 2009 à 2011 avec le ras le bol fiscal dont on se souvient – même si à la décharge des gouvernements de l’époque, la zone euro était menacée d’éclatement. 

Et cette sorte de statu quo est un bon choix ?

Il faudra voir si on a bien compris ce qui est dans la tête présidentielle. Au-delà, les entreprises d’abord, la dette plus tard : il y a une logique. Mais ce qu’Emmanuel Macron devra expliquer, dans ce cas, c’est pourquoi il a longuement disserté comme un collégien  il y a quelques semaines devant 40 millions de Français sur le monde qui ne serait plus jamais comme avant et sur tout ce qui allait changer – parce que certains l’ont apparemment cru ! 

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