Le chômage, enjeu primordial mais pas exclusif de la bataille présidentielle.

Eurostat, l’organisme européen de statistiques, a publié hier ses indicateurs mensuels qui rappellent que la France est dans une situation désastreuse et atypique depuis longtemps. Notre pays se classe 23ème sur 28 pour le taux de chômage, à plus de 10% et trois millions de sans-emploi selon les critères internationaux. Langueur et longueur expliquent une partie de la colère dans les urnes. Langueur : une économie qui tourne trop au ralenti. Longueur : le chômage est à un niveau élevé depuis plus de vingt ans. On cherche toujours à relativiser les meilleures performances de nos voisins : la démographie, les mini-jobs, la pauvreté, l’absence de l’euro … Tout n’est pas faux. Mais sans tous les citer, il faut entendre que la République tchèque, la Hongrie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Autriche, l’Irlande (oui, l’Irlande), la Suède etc., et l’Allemagne, font mieux que nous. Certes, Grèce, Espagne et Italie font moins bien. Mais ceux qui font mieux sont, comme la France, dans l’Europe et la mondialisation, certains ont l’euro, pas tous.

Mais la lecture économique n’est pas suffisante.

La baisse du chômage est un des tous premiers enjeux du prochain quinquennat. Mais la question est bien de savoir si cela suffit. Réponse : non. Les succès de la droite de la droite et la xénophobie concernent des pays sans chômage (Autriche, Royaume-Uni, Danemark), des pays sans immigrés (Tchéquie, Slovaquie) et même des pays qui ont une tradition de grande ouverture (Pays-Bas, Suède). Cela signifie que l’économie n’est qu’un des aspects des crises et qu’il faut être prudent avant de remplacer définitivement le clivage droite-gauche par d’autres, celui des perdants et des gagnants de la mondialisation, celui des métropoles face aux centres péri-urbains et ruraux. Si l’antilibéralisme et l’anti-mondialisation étaient les clés uniques des votes radicaux, ce serait paradoxal au moment où la CFDT réformiste devient le premier syndicat dans le secteur privé. Le ras le bol politique est un facteur tout aussi déterminant. Entre crise économique et crise politique, le futur président n’aura pas à choisir, mais il ne devra pas se tromper de priorité. En attendant, on le redit : sur le chômage, la France est 23ème sur 28.

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