En une journée, ce n’est pas si mal.

D’abord, l’Europe des batteries électriques avance. La Commission européenne a donné hier un feu vert de principe au projet franco-allemand. Après la douche froide sur Alstom-Siemens, voilà qui réchauffe l’atmosphère. L’enjeu est énorme : il s’agit de bâtir des champions européens pour contrecarrer la domination chinoise et américaine dans la voiture électrique. Sachant que beaucoup de retard a été pris.

Bruxelles ne devrait pas bloquer les subventions de la France et de l’Allemagne aux consortiums en train de se constituer. On va donc pouvoir rentrer dans le vif du sujet. Le premier projet, porté par le français Total et par Opel, filiale allemande de PSA, devrait déboucher sur une usine pilote de 200 salariés dès 2020 en France, puis deux sites de production, l’un en France, l’autre en Allemagne, de 1.500 salariés chacun. C’est du concret.

Alors il reste encore bien des incertitudes, techniques et financières, mais une chose est sûre : ce type de projet ne peut se faire aujourd’hui qu’à l’échelle européenne. Et c’est un acte de souveraineté. Une belle accroche dans cette campagne des européennes.

Et le deuxième exemple...

Hé bien c’est la lutte contre la fraude au travail détaché qui donne enfin des résultats. Le détachement de salariés, dans l’opinion, c’est l’incarnation du dumping social au sein même de l’Europe. Et ça révulse tout autant les petits patrons qui crient à la concurrence déloyale. La révision de la directive, l’an dernier, a permis de durcir les règles. Tant mieux. Mais encore faut-il que les règles soient appliquées. Car le problème n’est pas tant le travail détaché que la fraude. Et en particulier le détachement fictif : l’employeur ne déclare pas non plus de cotisations dans son pays d’origine. Jusque-là, les Urssaf ne parvenaient pas à sévir, car elles devaient attendre des réponses de leurs homologues qui ne venaient jamais. Mais des accords ont été conclus, avec la Belgique, l’Italie, la Pologne, l’Espagne, et bientôt la Bulgarie, pour de vrais échanges d’informations. Et l’an dernier, les redressements des Urssaf ont triplé, à 130 millions d’euros. Un premier pas car il reste beaucoup d’abus. Mais il ne faut pas désespérer de l’Europe sociale.

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