**Les transports sont au cœur de la campagne des élections régionales.A force de peser et repeser les rapports de forces nationaux, on en oublierait presque qu’il s’agit d’élire des présidents de Région qui auront des choix très concrets à faire dans les prochaines années. Et notamment en matière de transport, compétence qui est la leur depuis 2002 presque partout. Les données les plus récentes, et certaines ont encore été publiées hier pour l’Ile-de-France, montrent l’ampleur du problème. Regardons d’abord l’ensemble de la France. Un des meilleurs indicateurs est le temps de trajet pour aller travailler. Selon l’Insee, les Français annoncent 23 minutes – c’est précis - en moyenne pour se rendre sur leur lieu de travail, ce qui, si je multiplie correctement, affiche un temps de transport quotidien de trois quarts d’heure. Mais ce chiffre doit être pris avec des pincettes, la situation n’a rien à voir en milieu rural, semi-urbain et urbain. Et donc, il y a de nouveaux éléments sur la région parisienne….Une grosse enquête a été réalisée avec 5.200 questionnaires remplis par des salariés au cours de leur visite à la médecine du travail. Ce n’est pas ultra scientifique, mais le résultat, c’est que les salariés franciliens, ceux qui utilisent des transports en commun, consacrent deux heures en moyenne à leurs déplacements domicile – travail. Dans le détail, cela signifie une heure et demi pour les parisiens intra-muros, deux heures pour les habitants de la petite couronne et deux heures et demi pour la grande couronne. D’autres éléments montrent que la fameuse ligne A du RER n’est pas la seule à stresser les voyageurs. 40% des salariés voyagent debout et trois usagers sur quatre des trains et RER se plaignent de retards fréquents allant jusqu’à 20 minutes. Quel est le plus grand reproche ? L’entassement, et la fatigue qui en découle. Voilà pour le tableau, le plus précis possible. Alors, que font les Régions ?Elles ne font pas rien. Dans les villes, les tramways et les bus sont à la charge des communes. Mais les Régions ont investi 8 milliards d’euros depuis 2002 pour moderniser les Trains express régionaux, les TER, dont le trafic a augmenté de 27%. Le problème est que ces TER leur coûtent les yeux de la tête pour des trains parfois vides. La Cour des comptes suggère de rouvrir des lignes de … car. En Ile-de-France, le transfert à la Région n’est intervenu qu’en 2006. A chacun de faire son bilan. Valérie Pécresse dénonce le « fiasco total » de Jean-Paul Huchon, qui renvoie la responsabilité à l’Etat. Les deux têtes de liste se battent aussi sur le Grand Paris. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une donnée qui échappe aux Régions, c’est la hausse du prix de l’immobilier qui chasse les salariés des centres ville. Mais ce qui est sûr surtout, c’est le problème numéro un, c’est l’enchevêtrement des compétences, la panne d’argent et la lenteur, l’incroyable lenteur, des investissements qui en résulte. Un exemple, avant de conclure ?Je ne vais pas prendre un cas précis dans une Région ou une autre, chacun en a en tête. Mais ce constat est plus large. Il a fallu 5 ans pour faire rouler le TGV Paris- Tours, mais il en faudra bien plus de 15 pour le Tours Bordeaux parce qu’une soixantaine de collectivités locales et entités sont partenaires. Disons-le : au plan national, en Ile – de –France ou en Région, ces temps de trajet et ces délais ne sont pas respectueux des usagers-clients.**

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