La France continue, hélas, à fermer des usines. Une information que vous nous apportez.

Oui, le cabinet d’études Trendeo recense scrupuleusement chaque année les ouvertures et fermetures d’usines. Et depuis la crise de 2008-2009, ce sont plutôt des fermetures qu’il a relevées. Eh bien, l’an dernier, il y a eu encore 190 fermetures pour 146 ouvertures, ce qui fait que le solde reste -malheureusement- négatif. Malgré le pétrole bon marché, l’euro bon marché face au dollar, les taux d’intérêt bon marché, cette courbe-là non plus ne s’est pas inversée, même si la pente est moins forte. Au total, 1.800 usines auraient mis la clé sous la porte depuis 2008.

J’ai appelé l’Insee en espérant trouver une meilleure nouvelle et ils ont eu la gentillesse de faire hier soir un petit calcul pour nous. Sachez que le niveau de la production industrielle manufacturière à la fin 2015 est de seize points, 16%, en dessous de ce qu’il était il y huit ans. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’après le krach -ou le crash comme vous voulez- de la crise, il n’y a pas eu de remontée. L’industrie ne profite pas de la reprise. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois, de compétences qui ont disparu.

Pourquoi ?

Une des réponses qu’on entend souvent : c’est la demande qui manque ; les usines ferment parce que le pouvoir d’achat des Français est trop faible ; cela serait vrai si la consommation générale, les achats en magasin, de services aussi, était en panne ; mais ce n’est pas le cas. Alors, la réponse, c’est peut-être un problème de qualité, de gamme, de ce que produisent nos entreprises. Mais il y a quelque chose qui s’est déréglé, la compétitivité – et plus profondément il y a eu trop de capital détruit pour que cela reparte facilement.

Vous direz, tout cela n’est pas optimiste. C’est vrai, mais cette toile de fond rappelle au gouvernement (qui réfléchit sur le fonctionnement du marché du travail), aux syndicats (qui se réunissent à 9 heures 30 ce matin), aux socialistes (qui se déchirent) que la situation, c’est celle-là. On peut la tourner dans tous les sens, l’enjeu n’est pas de régler la succession de François Hollande en 2017 ou après, de contrer tel ou tel, de savoir qui entraînera le mouvement social, c’est de sauver l’industrie.

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