Emmanuel Macron a donc présenté, hier, son projet présidentiel...

Le modèle revendiqué est celui des pays scandinaves, qui allient libéralisme et protection, flexibilité et sécurité. Un modèle pour séduire un large échiquier d’électeurs, à droite et à gauche, et qui se place au centre. Mais être au centre conduit à s’attirer les critiques de la droite et de la gauche, et c’est ce qui s’est passé hier. Pour la droite, le projet est de l’eau tiède ou du Hollande réchauffé, pour la gauche il est libéral, c’est du Fillon light. En réalité, les propositions d’Emmanuel Macron sont balancées, ce qui a des avantages et des défauts. On n’y trouve pas de gros rouge qui tache, quelque chose que tout le monde va retenir, les 500.000 postes de fonctionnaires de Fillon, le revenu universel de Hamon, la sortie de l’euro de Le Pen. Il y a la suppression de la moitié de l’ISF mais aussi de quatre 5èmes de la taxe d’habitation ; le contrôle musclé de la recherche d’emploi mais une ouverture des droits au chômage ; 60 milliards d’économies dans les dépenses publiques, mais un plan d’investissements équivalent ; une unification des régimes de retraite mais sans changement de l’âge de départ. La présentation dans Les Echos il y a huit jours du versant libéral, mais hier des mesures plus sociales. Tout cela est malin et sur deux points, Macron promet de déplacer la ligne, la retraite à points et l’assurance chômage universelle.

Mais il y a donc aussi des interrogations.

Le financement du projet ne semble pas totalement assuré et un point d’interrogation porte sur la majorité parlementaire pour soutenir tout cela. Mais LA question est ailleurs. Ce projet peut séduire les électeurs classiques de centre droit et de centre gauche, raisonnables, qui attendent des réformes mais sans brutalité excessive. Mais suffit-il sachant qu’un président élu ne met en œuvre généralement qu’une (petite) partie de ce qu’il avait annoncé ? Macron pense avoir mis le doigt sur les points d’acupuncture pour soigner la France, la droite de Fillon exige de la chirurgie lourde, la gauche de Hamon estime que le thermomètre pour mesurer la température (la croissance, l’emploi) du malade n’est plus le bon et le FN veut changer tous les organes y compris le cerveau. Notre état de santé et les remèdes nécessaires : c’est le débat normal d’une campagne présidentielle, débat dont nous sommes privés.

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