**On l’a appris hier, les immatriculations de voitures neuves se sont envolées de 20% en France en octobre… Un tournant, Dominique ?Alors, c’est une bonne nouvelle à relativiser, en tous cas à préciser. Cet emballement d’octobre représente une hausse de 20% mais par rapport au mois d’octobre 2008, qui avait été marqué par un effondrement des ventes. Donc attention aux effets de loupe statistiques. Cela dit, ce qui est vrai, c’est qu’il y a des chiffres positifs depuis plusieurs mois, ce qui fait que de janvier à fin octobre, les immatriculations progressent de plus de 4%. Presque 2 millions de voitures ont été achetées dans l’hexagone. La crise est encore là, mais il y a peut-être là le début d’un rayon de soleil pour l’automobile. En France toujours, l’équipementier Faurecia a annoncé hier le rachat d’une entreprise américaine qui lui permettra de devenir le leader mondial des appareils de contrôle des émissions polluantes. On disait la sous-traitance automobile moribonde, elle bouge encore. Et puisque que je parle des Etats-Unis, Ford, le seul des géants de l’automobile à avoir échappé à la faillite, Ford a révélé hier son premier bénéfice trimestriel depuis 2005. Alors rayon de soleil ou mirage ?C’est effectivement la question ! Pourquoi ? Parce que la reprise des ventes a été tirée par les dispositifs de soutien très puissants des gouvernements. En France, avec la prime à la casse et le bonus écologique, sans oublier des taux d’intérêt assez bas. Mais aussi en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis. Là-bas, la prime à la casse a duré un mois, cet été, mais elle a tiré toute l’économie au troisième trimestre et l’a fait sortir de la récession. Le risque est que ces marchés s’effondrent ensuite, une fois les béquilles retirées. Ce n’est pas impossible parce que les constructeurs ont bien conscience que les grands pays développés ne seront plus des marchés de forte croissance pour l’automobile, mais de renouvellement. C’est sur l’explosion des ventes en Inde, au Brésil, en Chine qu’ils parient. La Chine est devenue ces derniers mois le premier marché au monde, 12 millions de voitures y seront vendues cette année, une voiture sur cinq dans le monde. Qui sortira gagnant de cette compétition mondiale ? Ce qui est intéressant est que la crise agit comme une vraie machine à trier les constructeurs, à écarter les plus fragiles. Du côté des gagnants, il y a Toyota, il y a l’allemand Wolkswagen (et non BMW comme je l'ai dit hier à l'antenne), qui a repris Porsche et vend désormais plus en Chine qu’en Allemagne. Il y a peut-être Ford. Plus risqué, on peut mettre dans cette catégorie un constructeur chinois comme Geely qui, s’il rachète Volvo, va faire un saut technologique énorme. Du côté des perdants : General Motors, Chrysler (contrôlé par Fiat), et Opel. Au milieu, les Français, avec des stratégies différentes. Renault qui parie sur Nissan et la voiture électrique mais est plombé par la reprise aventureuse de Lada, et le groupe Peugeot Citroën, solide mais trop seul et trop petit. La conclusion, c’est que l’automobile n’est pas morte …Dans les pays émergents, la question frise le ridicule. Chez nous, l’auto aura une place moins centrale, peut-être déclinante – en octobre, les Français ont acheté 20% de voitures en plus que l’an dernier mais moins qu’en 2007 – en tous cas une place différente. Une anecdote : Le patron du groupe Peugeot, Philippe Varin, confie qu’il a eu du mal à convaincre ses enfants de passer leur permis, mais qu’il y est arrivé !**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.