Barack Obama a, comme prévu, perdu les élections cette nuit. Que peut-t-il se passer maintenant sur le terrain économique ?

C’est une évidence : élire Barack Obama n’avait pas suffi à déclencher un miracle économique, le seul fait d’avoir voté contre lui ne va pas doper la croissance ! Mais la vraie question est : comment cette nouvelle cohabitation entre une Maison-Blanche et le Congrès va-t-elle fonctionner ? Certains économistes sont très inquiets du risque de paralysie politique au moment où la conjoncture joue à la tôle ondulée un peu usée. C’est le cas du Prix Nobel d’économie Paul Krugman, qui est très sévère sur la politique d’Obama puisqu’il estime que le plan de relance de 800 milliards de dollars a été insuffisant. Dans les faits, la situation est cependant la suivante.

Barack Obama n’a plus d’atouts dans sa manche pour relancer l’économie. Le seul rendez-vous connu, c’est le sort qui sera réservé aux réductions d’impôts héritées de la période Bush et qui s’arrêtent normalement fin décembre. Tout le monde veut les poursuivre, mais les Démocrates veulent en exclure les ménages aisés. Voilà le principal sujet de négociation à venir.

En réalité, les leviers de commande économique sont en train d’être transférés à la Réserve fédérale dont on attend les décisions, coïncidence, ce soir à 19 heures 15 heure française. Et cette décision est importante : elle va consister pour la FED à annoncer l’achat de Bons du Trésor américain, pour environ 500 milliards de dollars, afin de faire baisser les taux d’intérêt, de relancer l’activité et d’éviter la déflation, la baisse des prix. Il s’agit de rejouer le coup de 2008. C’est un pari incertain parce qu’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif –si les Américains ne veulent pas consommer et investir, ils ne le feront pas– et qu’on arrose pas le sable –il est délicat de résoudre une crise d’endettement par plus d’endettement.

L’avenir est donc gris pour l’économie américaine ? C’est le bruit de fond général en ce moment, avec un taux de chômage à 10%, les angoisses de la classe moyenne et les images des saisies immobilières. Mais enterrer trop vite l’économie américaine n’aurait pas de sens non plus. C’est sûr, elle doit se désendetter, épargner plus et rémunérer mieux le travail. Mais, au-delà des politiques économiques, elle a des réserves de dynamisme qui ont toujours surpris. L’automobile redémarre (General Motors présentera à la fin du mois sa première voiture électrique) ; le secteur de la High-tech (Apple, IBM, Facebook, Microsoft), est à l’origine des innovations dont on parle dans le monde entier et il est en excellente forme. C’est difficile à dire, c’est aussi un pari incertain, mais il faut de la patience parce qu’il est assez logique que la crise la plus lourde depuis les années 30 mette plus de trois ans à se règler.

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