Le titre de votre édito : en Europe, nouvelle donne et situation d’urgence.

La nouvelle donne, c’est l’entrée en fonction samedi de la nouvelle Commission européenne présidée jusqu’à fin 2019 par Jean-Claude Juncker. La nouvelle donne, c’est l’étape importante qui sera franchie mardi sur la voie de l’intégration puisque toutes les banques seront supervisées au niveau européen - et non plus dans chaque pays. Une révolution ! Mais la vraie nouvelle donne qui créé une situation d’urgence reste l’économie. Vendredi, sont tombées (comme on dit) deux informations déprimantes. Le taux de chômage, depuis trois mois, ne baisse plus en zone euro, il reste à un niveau quasi-record. Et la menace de déflation plane toujours, c’est-à-dire le cocktail dangereux d’une croissance zéro et d’une inflation scotchée autour de zéro. Le risque dans ce cas est que les acteurs économiques, ménages, entreprises, ralentissent aujourd’hui leurs décisions d’achat et d’investissement en espérant avoir demain des prix plus bas.

La France est -hélas- une excellente illustration de cette panne.

Oui. Alors, on ne connaît pas encore l’évolution des prix en octobre. Mais on peut parier, quand on regarde tous les indicateurs intermédiaires, que la croissance, en France, au troisième trimestre (de juillet à septembre), a été encore une fois autour de zéro, zéro + ou zéro -. Et la France reste marquée au fer rouge pour la pente du chômage. Elle a été un des rares pays européens où il a grimpé en septembre. C’est même l’un des deux, avec la Finlande, où il a progressé le plus. Les Français n’ont pas le moral ? C’est normal : Le PIB par habitant, le seul qui nous importe vraiment puisqu’il tient compte de l’évolution de la population, est ici quasiment 2% en dessous de son niveau de 2008 - ce chiffre m’a été fournie par l’Insee vendredi.

Et donc partout une situation d’urgence ?

Oui, en France et en Europe. Les Etats-Unis ont enregistré ces six derniers mois la croissance la plus forte depuis dix ans. La Grande-Bretagne va mieux, l’Allemagne tousse mais est encore loin d’avoir la grippe. Mais dans le reste de la zone euro, la conjoncture économique ET politique est déprimante. Il suffit de lire l’interview de Marine Le Pen, hier dans le JDD, pour voir qu’elle se frotte les mains.

La nouvelle donne en Europe peut changer les choses ?

Vous savez ce qui fait le plus peur aujourd’hui ? C’est que les dirigeants ne savent pas quoi faire. Au niveau européen, les taux d’intérêt sont à zéro ; L’euro et le pétrole baissent ; on a plus ou moins arrêté de serrer la vis budgétaire depuis trois trimestres ; tout le monde ne jure maintenant que par un grand plan d’investissement européen de 300 milliards, mais cela n’aura pas d’effet tout de suite. Que faire ? Au niveau français, François Hollande, à mi-mandat, ne sait parait-il plus quoi faire d'ici 2017. Il demande des notes… Au total, il y a là un mystère et l'impression que oui, comme le dit à peu près Juncker, les mois qui viennent, en Europe comme en France, sont ceux de la « dernière chance ».

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