C'est un tournant : Internet est désormais davantage consulté sur mobile que sur ordinateur.

Pour la première fois, Internet est plus consulté sur smartphone que sur ordinateur
Pour la première fois, Internet est plus consulté sur smartphone que sur ordinateur © Getty / Justin Lewis

Cela n’a l’air de rien, mais c’est un moment significatif dans l’histoire -encore courte- du numérique. C’est officiel, pour la 1ère fois, la majorité des consultations sur Internet se fait via un smartphone ou une tablette, et non plus sur un ordinateur fixe ou même portable. La barre des 50% a été franchie en octobre, alors qu’il y a trois ans, il y avait trois pages vues sur un PC pour une sur le mobile. Le cabinet spécialisé qui calcule cela passe en revue 15 milliards de pages web par mois. Ce n’est pas une surprise avec l’explosion de ventes de smartphones et la 4G.

Alors, pourquoi est-ce intéressant ?

C’est le signe d’une société de plus en plus nomade, nous avons au bout de notre main, à moins de 20 centimètres de notre cerveau, l’accès immédiat, permanent, aux jeux, à l’information, aux liens avec autrui et le monde. C’est inédit. Second point : ce basculement sur mobile ne se fait pas au même rythme entre les pays développés et les émergents. En Afrique, en Asie, l’étape de l’ordinateur fixe est carrément sautée, en Inde par exemple, le mobile représente 75% des usages. A l’inverse, chez nous, le bon vieil ordinateur fixe ou portable domine encore, et même à 70% en France. D’une certaine manière, les émergents sont en « avance » ce coup-ci.

Mais cela pose une question plus fondamentale...

La montée irrépressible de Facebook -1 milliard d’utilisateurs par jour-, dont les résultats ont été publiés cette nuit, de LinkedIn, Twitter et autres, suscite un débat sur rien moins que la démocratie. Pourquoi ? Sur les réseaux sociaux, nous sommes en lien avec ceux qui nous sont proches, et les algorithmes nous mettent en relation avec ceux qui nous ressemblent. Du coup, la pluralité des points de vue, sur la politique, l’économie, les sujets de société, est-elle respectée si nous tournons en vase clos, si nous ne voyons que ce qui nous conforte ? Vaste sujet -sur lequel il y a deux pages passionnantes dans Le Monde. On peut dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil : on a toujours consommé les médias et vu les amis dont on est proche. Sauf que la nouveauté des réseaux sociaux est que la radicalité y a plus de succès que la modération et que les algorithmes (encore eux) la favorisent plutôt. Et donc, il y a une déformation. Ce n’est pas une des causes de la violence des affrontements aux Etats-Unis ou ailleurs mais la question peut être posée. Et on écoute la radio.

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