Les entreprises méritent dans leur quasi-totalité d'être saluées dans cette phase difficile : depuis le printemps, avec leurs salariés, elles doivent se battre tous les jours pour préserver l'essentiel et préparer l'avenir.

Hier matin, au micro de France Inter, l'éditorialiste Thomas Legrand saluait les enseignants : il évoquait leur rentrée si difficile, et il avait évidemment raison. 

Mais je crois que ces jours-ci, on peut aussi saluer l’agilité des millions d’entreprises et de leurs salariés, qui sont aujourd’hui encore admirables dans la quasi-totalité des cas. Depuis le printemps, elles (les entreprises) et ils (les salariés) se battent pour garder la tête hors de l’eau, pour traverser cette crise, et voilà que le reconfinement change une nouvelle fois la donne. 

Il faut une sacrée réactivité aux petits commerçants (on en a parlé hier), aux artisans, aux exploitations agricoles, aux PME industrielles, aux indépendants, aux multinationales, pour gérer les stocks et les approvisionnements, garder les relations avec les clients, savoir combien de salariés devront passer en chômage partiel, etc. bref s’organiser. 

L’Etat fait ce qu’il peut (et fait beaucoup) sur le plan financier, mais le stop and go permanent transforme les entreprises en shadoks : un jour, la consigne, c’est restez chez vous, le suivant, c’est allez travailler, puis c’est vivez avec le virus et maintenant, voilà un confinement light. 

La nouveauté de ce début novembre est que le confinement saison 2 ne suscite pas la sidération et la panique que l’on a vu en mars. Des habitudes ont été prises, les masques et le gel sont disponibles et rentrés dans les habitudes, les vitres en plexiglas sont posées dans le commerce. 

Mais là encore, regardez le télétravail : il y a dix jours, la règle c’est deux jours par semaine ; maintenant, c’est cinq : il faut suivre. 

Bien sûr, beaucoup d’entreprises restent optimistes : le patron du groupe Valéo (c’est un très gros équipementier automobile) explique dans Les Echos ce matin que le reconfinement ne changera rien pour lui, parce qu’il n’a jamais allégé les mesures sanitaires mises en place depuis des mois et des mois dans ses 154 usines du monde entier.

Donc, bravo  à toutes ?!

Oui, parce que la période dans laquelle nous rentrons est grise, incertaine pour les entreprises, il y a une nouvelle normalité qui dure, celle d’une économie qui fonctionne pour un certain temps en mode dégradé, avec une énergie qui s’érode, des liens sociaux restreints, un avenir flou. Alors, je finis comme Thomas Legrand : à France Inter, chers entrepreneurs on est avec vous !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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