Ce matin : la guerre fait rage dans les rangs de la grande distribution.

C’est la guerre des petites vacheries et des grandes accusations entre deux poids lourds de la distribution : Michel-Edouard Leclerc (magasins Leclerc) et Serge Papin (réseau Système U). Michel-Edouard Leclerc a même acheté des pages de publicité. De quoi s’agit-il ? Il accuse les autres distributeurs (comme Carrefour, Auchan et donc Système U), les industriels de l’alimentation (comme Danone et Nestlé) et les agriculteurs de préparer en douce une hausse de 5 à 15% des prix sur le dos des consommateurs. Cela se serait négocié pendant les états généraux de l’alimentation qui s’achèvent et le prétexte serait d’aider les agriculteurs. Leclerc n’en croit pas un mot, UFC-Que Choisir non plus. Là-dedans, il y a du vrai et du faux. Oui, l’idée court de relever le prix de revente à perte, en dessous duquel on n’a pas le droit de vendre. La promesse : en augmentant les marges sur les produits de marque (le Nutella ou le baril d’Ariel par exemple), les grandes surfaces pourront acheter plus cher le lait des éleveurs. Leclerc ricane : en quoi augmenter le prix de l’eau d’Evian aidera-t-il les agriculteurs ? En revanche, il exagère la hausse des prix en jeu. Honnêtement, c’est difficile de s’y retrouver pour l’instant, on attend les arbitrages d’Emmanuel Macron le 11 octobre.

Mais au-delà, quels sont les enjeux ?

Le premier nous concerne tous : faut-il que la guerre des prix continue éternellement ? Leclerc veut que oui. Les consommateurs aussi. Mais en face, industriels, grandes surfaces et agriculteurs disent pouce. Car c’est vrai que -même si c’est difficile à croire-, les résultats financiers d’Auchan et de Carrefour ne sont pas brillants tandis qu’on connaît la situation des agriculteurs. Au fond, le budget que nous consacrons à nous alimenter doit-il toujours diminuer, c’est 20% des dépenses des ménages, presque deux fois qu’il y a 40 ans ? 2ème enjeu : comment répartir la valeur entre les acteurs et quel modèle d’agriculture ? 3ème enjeu dont ne parle pas assez : ne se nourrit-on pas trop tous (la réponse est oui) et qui paie pour les conséquences néfastes de ce que nous produisons et de la façon dont nous produisons, pollutions, sujets de santé publique, vie rurale ? Réponse : personne. Voilà autant de questions auxquelles il faut répondre.

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