Free, le nouvel opérateur téléphonique a lancé ses offres il y a presque huit mois maintenant. Quel bilan pour l'économie française ?

On en parle parce que les opérateurs de téléphonie viennent de publier leurs résultats, Free donc, SFR et Bouygues. L'enseignement est que l'arrivée de Free est un incontestable succès économique, et d'abord pour les clients. Mais aussi, point tout aussi intéressant, que ce n'est pas la catastrophe industrielle que nous annonçaient les opérateurs dits historiques, traditionnels. Sur le plan commercial, Free a réussi son entrée : en six mois, à fin juin, il a conquis 3,6 millions d'abonnés en partant de zéro et l'entreprise de Xavier Niel dégage des bénéfices. Et les autres ? Au premier trimestre, le résultat de Bouygues Télécoms a baissé de 16%, celui de SFR de 5%. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas la descente aux Enfers non plus. Ils ont perdu des abonnés, mais moins entre avril et juin qu'entre janvier et mars. Bref, Free a fait baisser les prix et réveillé le marché.

Mais les opérateurs historiques crient au scandale et à la mort ?

Oui, les noms d'oiseau continuent de voler. La semaine dernière, Martin Bouygues a poussé un gros coup de gueule : sa thèse, comme celle de SFR, est que Free a été outrageusement avantagé puisqu'il utilise le réseau d'Orange et n'a pas eu à faire les investissements que les autres ont dû faire. On l'ignore parce que passer un coup de fil est magique, mais il a fallu des dizaines de milliards d'euros pour équiper le territoire en infrastructures et adapter en permanence les réseaux au trafic. C'est un argument recevable. Le problème est que Orange, SFR et Bouygues vivaient jusqu'à maintenant dans un confort douillet et que leur entente sur les prix condamnée par une amende record de 535 millions d'euros écorne leur crédibilité. Martin Bouygues a utilisé une formule qui ressemble à un lapsus : "le jouet a été cassé". Bref, l'âge d'or est terminé, mais ce n'est pas le retour, pour eux, à l'âge de bronze.

Free va-t-il continuer à grignoter les parts de marché des autres ?

Xavier Niel vise 25% de parts de marché. Sa limite, c'est qu'il a popularisé la vente de forfaits sans terminal - juste la carte SIM - mais les autres s'y sont mis et les clients veulent quand même avoir des portables plus sophistiqués qui, achetés seuls, coûtent cher. Surtout, les "historiques" vont commercialiser la fréquence 4G, plus rapide, plus confortable (les ondes prennent les virages, résume un spécialiste !) et la fibre optique. Bref, ils ont encore de la place. Mais attention, il faut surveiller le marché et Free de près parce que nous avons la chance d'avoir des grandes entreprises françaises dans ce secteur. Ailleurs en Europe, des opérateurs affaiblis ont été rachetés par des mexicains.

Un dernier mot ?

Sachez qu'il y a 68 millions de lignes portables actives en France et que nous envoyons en moyenne 224 SMS par mois. On espère dans ces conversations, qu'il y a autant de fond que de flux !

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