Ce matin, c’est donc la rentrée des classes. Vous puisez aux meilleures sources statistiques pour planter le décor.

Oui, on va évoquer quelques idées reçues, vraies ou fausses. Bien sûr, il est tentant de se méfier des chiffres parce qu’on leur fait une chose et son contraire, parce qu’ils sont la forme la plus élaborée du mensonge (comme l’a dit Churchill) mais en prenant des sources fiables, celles de l’OCDE, on peut avancer quelques points incontestables.

Première idée reçue : on dépense plus d’argent en France qu’ailleurs pour l’éducation, pour des résultats très moyens.

C’est faux, en tous cas pour la première de vos deux affirmations. Les dépenses consacrées à l’éducation ne sont pas, en moyenne, plus élevées que dans les autres pays développées. En 2010, dernier chiffre connu, elles se sont élevées à 6,3% du PIB, de la richesse nationale, exactement comme la moyenne de l’OCDE. Il n’y a donc pas de gâchis global ! Pour l’anecdote, le pays qui dépense le plus, c’est la Corée, 7,6% du PIB. Mais la particularité de la France est qu’elle dépense plus pour l’enseignement secondaire que les autres, mais moins pour le primaire et le supérieur. Le coût d’un lycéen est 31% plus élevé qu’ailleurs.

Deuxième idée reçue, (je l’évoquais à l’instant), les résultats scolaires sont très moyens.

Là, c’est vrai ! Les résultats de l’enquête internationale PISA conduite par l’OCDE sont clairs. Selon la dernière publication, la France, pour les tests portant sur la lecture, arrive en 18ème position sur 34, ce qui n’est pas formidable. Derrière la Finlande, la Corée (toujours elle) mais aussi la Pologne. Le plus ennuyeux est que les résultats se sont dégradés depuis dix ans, surtout pour les garçons. Tout le milieu de l’éducation attend les résultats de la vague 2013, qui seront diffusés début décembre. Les experts mais aussi Vincent Peillon, s’attendent à une nouvelle dégradation.

Troisième idée reçue : les élèves français travaillent moins que les autres. Là, la réponse est plus connue.

Cette idée est à la fois vraie et fausse. C’est vrai, les élèves français ont beaucoup moins de jours de cours, par exemple en primaire – c’est tout l’enjeu du retour de la semaine de 4,5 jours. Ils travaillent 144 jours dans le primaire, contre 208 en Allemagne et 190 en Grande-Bretagne ! Trente-six semaines, c’est très très peu. Mais c’est faux parce que le volume horaire annuel, lui, est considérable. Trop d’heures dans trop peu de journées : cela n’a aucun sens.

Peut-on tirer une conclusion, Dominique ?

Il y a une conclusion chiffrée qui montre les marges de progression du système éducatif, si on lui donne pour mission l’insertion dans l’emploi. C’est Eurostat qui la donne. La France a, sur les 28 pays européens, le 5ème taux de chômage des jeunes le plus élevé. 26%. Cela ne veut pas dire qu’un jeune sur quatre est au chômage (comme on l’entend tout le temps) puisque la plupart sont étudiants, mais qu’un jeune actif sur quatre l’est. C’est évidemment une honte.

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