Sur les prix du logement, les écarts se creusent entre les grandes villes et le reste du pays.

Ces jours-ci, on parle beaucoup du retour de l’inflation, qui s’explique par la hausse du prix du pétrole et donc des carburants. On parle du pouvoir d’achat des retraités et de leurs pensions.

Mais il faut évoquer aussi une évolution des prix qui concerne une catégorie particulière de Français : ceux qui souhaitent acheter un logement. Et d’abord les jeunes, c’est pour eux que le saut est le plus important, puisqu’ils ne vendent pas un logement pour en acheter un autre.

Des chiffres du baromètre mensuel MeilleursAgents.com-Les Echos montrent combien l’accession à la propriété est devenue difficile, voire impossible, dans les grandes villes et combien au fond notre société semble s’en moquer. Si l’on regarde les dix plus grandes villes de France (Toulouse, Lille, Bordeaux, Paris, etc.), le coût à l’achat des logements anciens a encore grimpé de 14% en dix ans, et cela continue mois après mois. Pour la capitale, c’est une explosion : +41,5% en dix ans et encore près de 5% depuis janvier, à 9.300 euros le m2 en moyenne. C’est simple : un jeune adulte ne peut quasiment pas acheter à Paris.

En revanche, si on élargit le regard à la France entière, la situation n’est pas la même. La hausse des prix est quasi-nulle dans les cinquante villes les plus importantes et il y a un recul de presque 10% en dix ans des prix dans les communes rurales.

Bref, la métropolisation de la France porte sur le logement comme sur l’économie ou le numérique. On peut se dire : il y a une logique et une justice. Là où les villes moyennes soufrent sur l’emploi et la 4G, au moins les logements sont abordables. C'est court comme raisonnement.

Le gouvernement s’attaque-t-il au sujet ?

Cela ne saute pas aux yeux. Sa loi Elan, qui doit créer un choc d’offre -comme on dit- sera votée ce mois-ci au Parlement. Mais pour l’instant la politique du logement consiste surtout à réaliser des économies sur les aides au logement, ce qui est peut-être nécessaire, mais pas suffisant. Il a en tous cas envoyé un mauvais signal sur le sujet ce week-end : pour  la première fois depuis … 16 ans, il n’avait délégué aucun ministre aux rencontres des professionnels qui ont eu lieu dans le Pays basque.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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