La Chine l’a annoncé hier, elle porte plainte contre les Etats-Unis devant l’OMC, l’organisation mondiale du commerce.

Le président américain Donald Trump aux côtés du président chinois Xi Jinping
Le président américain Donald Trump aux côtés du président chinois Xi Jinping © AFP / Nicolas ASFOURI

Oui, et quand on entend cela, Pékin traîne Washington devant l’OMC, l’organisme créé en 1995 pour régler les conflits commerciaux, les bras et les yeux tombent ; la première réaction est de se dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité. 

Les Chinois en appellent au droit international contre Donald Trump alors qu’ils (les Chinois) sont accusés non sans raison d’une foultitude de pratiques déloyales. 

Une guerre d’image entre les deux géants

La raison invoquée par Pékin est la suivante : dimanche, une nouvelle salve de droits de douane américains sur les produits entrant sur le sol américain est entrée en vigueur, en contradiction avec un engagement de la Maison-Blanche. Ces taxes touchent le ketchup, la viande de boeuf découpée, des saucisses de porc, des fruits, des légumes, des épices, des clubs de golf, des vélos, des instruments de musique, etc. etc. 

Bref, c’est concret et d’ici décembre c’est la totalité des importations venant de Chine qui sera surtaxée – environ 500 milliards de dollars de marchandises. Les conséquences sur les prix dans les supermarchés américains commencent à se faire sentir. Selon les estimations, le surcoût va de quelques centaines à un bon millier de dollars par an et par ménage. 

Et si cela continue, cela effacerait les baisses d’impôts décidées au début de son mandat par le président américain. Qui, lui conteste ces calculs. 

18 mois après le début des hostilités, qui gagne ? 

Donald Trump n’a pas gagné, mais il est comme l’acheteur dans une vente aux enchères qui est persuadé de l’emporter en relevant à chaque fois la mise : ça va payer, en face, les autres acheteurs ne pourront pas suivre, ils vont craquer, ils seront à genoux. 

C’est vrai que la Chine souffre de cette guerre commerciale et c’est vrai que des géants technologiques américains comme Google, Apple, Dell, HP ont décidé ou réfléchissent à sortir une partie de leur production de Chine. 

Mais -et c’est un mais absolument fondamental - ces entreprises ne relocalisent pas aux Etats-Unis, mais ailleurs en Asie, au Vietnam, en Thaïlande, à Taiwan, au Bangladesh. Pour l’instant, les ouvriers qui ont voté pour Trump ne voient pas l'ombre du début de l'esquisse d’une cheminée d’usine revenir.

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