Le plan de relance est décomposé en trois tiers (écologie, compétitivité et social) mais le message qu'il veut faire passer est unique : on va s'en sortir. Reste à savoir si les Français le retiendront ou l'oublieront au premier prochain gros plan social.

Une opération bazooka de ce type, c’est un message, ce sont des mesures et c'est une mise en œuvre. 

Le 1er pari du plan Macron-Castex-Le Maire est que son message soit entendu. Le message, ce n’est pas le chiffre des 100 milliards (qui n’étonne même plus), ce sont les mots qui l’accompagnent : « l’économie, maintenant, est prioritaire » et « on va s’en sortir ». Les Français, ménages et entreprises, vont-ils y voir un signe d’espoir, un tournant, ou sera-t-il oublié au prochain gros plan social ? 

1er pari, 1er défi. 

Le 2ème pari concerne les mesures annoncées. 75 enveloppes de crédits sont prévues, aucun secteur d’activité n’est oublié : particuliers, entreprises, collectivités, hydrogène, agriculture,  rénovation des bâtiments, vélos, avions, etc. il y en a pour tout le monde. Mais les 160.000 à 200.000 emplois nouveaux promis par ce plan pour 2021 seront-ils au rendez-vous ? Impossible de le savoir. Et dans cinq ans, quand on demandera aux Français, c’était quoi le plan de relance 2020 ? Que répondront-ils ? Répondront-ils : « Ah oui, mais bien sûr, j'ai changé mes fenêtres et isolé mes combles. Chouette » ou se souviendront-ils de panneaux France Relance bord des routes ? Ou … rien ? 2ème pari donc : que ces mesures changent les choses. 

Le 3ème pari porte sur la mise en œuvre. Tant de plans d’investissement se sont perdus dans les sables administratifs ! Voilà les trois paris, qui peuvent être gagnés parce que jamais un gouvernement n’a mis d’un coup autant d’argent visible sur la table, mais qui peuvent échouer si l’économie a du mal à remonter ou si le virus revient vraiment nous paralyser. 

Mais au total, le bébé se présente-t-il bien ? On verra les détails aujourd’hui. Mais plutôt : oui. On entendra des « ce n’est pas assez, il n’y a pas assez de ceci ou de cela », par exemple d’aides pour les personnes les plus en difficulté, et aussi à l'inverse des « il y a trop de ceci ou de cela ». Mais la gauche aime généralement la dépense publique, et la droite aime généralement que l’on n’augmente pas les impôts -ce qui est le cas, il y en a pour tout le monde. 

Les seuls que l’on n’entendra pas, pardonnez moi ce poncif -mais les poncifs ne sont pas toujours idiots-, ce sont les plus jeunes, qui hériteront de montagnes de dettes et à qui on va expliquer comme d’habitude que ce n’est pas grave.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Thèmes associés