Ce matin, on parle d’une formidable course qui se développe autour de l’œil bionique.

Qu’est-ce que c’est que cet « œil bionique » ?

La fiction qui devient réalité. L’œil bionique permet de voir sans œil. Un progrès formidable pour les gens qui ont perdu la vue. En quelques mots, ce bijou technologique est composé de trois éléments. D'abord une caméra incrustée dans des lunettes. Ensuite un ordinateur de poche qui transforme les informations de la caméra en un signal. Et enfin une série d’électrodes, de la taille d’un demi-grain de riz, implantée dans l’œil pour transmettre le signal au cerveau. Aujourd’hui, trois start-ups dans le monde proposent ces systèmes de vision artificielle. C’est ici que se joue la course, avec des dizaines de millions de clients potentiels.

Qui sont ces trois acteurs ?

Evidemment un américain, Second Sight. Il a publié fin juillet les résultats encourageants d’une étude réalisée sur cinq ans auprès de trente patients. Ensuite un allemand, Retina Implant. Et aussi un français, Pixium, qui vient d’obtenir le marquage CE pour son produit Iris II permettant sa mise en œuvre dans toute l’Union européenne. L’américain a l’avantage de l’antériorité. Mais le français a de sérieux atouts à faire valoir : une vision en temps réel, une image plus fine. Et puis une installation plus facile qui rend le produit envisageable pour les nombreuses personnes âgées atteintes de DMLA, cette maladie où des tâches noires bouchent peu à peu la vue.

Des entreprises françaises peuvent donc percer dans la high tech ?

Eh oui. Dans la high tech médicale, il y a par exemple le cœur artificiel de Carmat. Pixium a un peu la même histoire: un médecin au départ, une équipe de brillants ingénieurs qui se passionne pour le projet, des investisseurs prêts à prendre des risques. Oui, c’est possible en France! Les problèmes viennent souvent après, quand il s’agit de grandir, de passer de l’innovation à la grande échelle.

Dernière question : ces yeux, ça coûtent cher ?

Oui, très cher. On est aujourd’hui autour de 100.000 euros. En France, les implantations sont pour l’instant financées par le forfait innovation, un système créé pour expérimenter des procédés innovants, qui montre au passage que la Sécu sait elle aussi faire preuve de souplesse. Mais que se passera-t-il après, si les essais sont concluants ? Même si le prix baisse, la facture restera très élevée et il faudra bien décider d’une manière ou d’une autre qui doit bénéficier en priorité de cette vision artificielle. C’est un débat essentiel de santé, mais aussi d’économie et de politique.

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