Le sujet du jour c’est l’euro, qui n’en finit pas de monter…

Le cours de l'euro n'en finit pas de grimper
Le cours de l'euro n'en finit pas de grimper © Getty / sorbetto

La monnaie unique s’approche d’un seuil psychologique important : 1.20 dollar pour un euro. Elle pourrait même le franchir ce vendredi si les chiffres de l’emploi américain sont inférieurs au fameux consensus de marché. Sans tambour ni trompette, depuis le 26 juin, l’euro est passé de 1.12 dollars à 1.19 dollars. Envolée qui a pris de court même des professionnels aguerris comme les trésoriers d’entreprises, qui gèrent un risque de change de ce fait plus grand, et les exportateurs, dont la compétitivité est en fait plombée par ce renchérissement de l’euro.

Quelle sont les explications de cette hausse ?

La première est le retour de la confiance des investisseurs envers l’Europe, en raison d’une part de l’accélération de la croissance, et d’autre part de la diminution des risques politiques, notamment après les élections en France. Bref, cela va mieux, comme dirait un ex-président !

Ensuite, concernant la parité euro-dollar –- un peu la mère de toutes les batailles monétaires -- on constate un effet de ciseaux avec le billet vert. Celui-ci a subi une nette correction, encouragée de fait par un Donald Trump qui a marqué sa préférence pour un dollar moins fort. Enfin, les places financières européennes performent mieux que Wall Street et cela attire les investisseurs non-résidents vers le vieux continent. Vous additionnez le tout et depuis le début de 2017, l’euro a gagné pas moins de 12.5 % face au dollar.

Et pourtant, vous nous le disiez, ce n’est pas une si bonne nouvelle que ça ?

Le poids de cet euro plus fort sur les exportations, notamment, pénalise de fait la croissance. Une économiste de la Banque de France a traduit cela en chiffres : depuis que l’euro est en phase ascendante, autrement dit mi-2015, cela aurait fait perdre à la croissance de la zone euro 0.2 point de pourcentage. A contrario, juste avant, de mi-2014 à mi 2015, la baisse de la devise avait boosté l’activité à hauteur de 0.5 point de pourcentage. On observe même que l’appréciation de la devise a un impact sur l’activité plus fort en Europe qu’outre-Atlantique. Parce que la zone euro est plus ouverte que les Etats-Unis, davantage exposée aux économies émergentes, et donc plus sensible aux variations de parité entre les devises.

En plus, tous les pays ne sont pas touchés de la même manière selon la force de leurs exportations ou le niveau de gamme de leurs produits par rapport à la concurrence non-européenne. Le Fonds monétaire international estime ainsi que le taux de change réel est sous-évalué de 10 à 20 % pour des pays comme l’Allemagne mais surévalué -- de 5 à 20 %-- pour les petits pays de la zone euro, ou de 8 à 14 % pour la France. Décidément, le caractère commun, au sens d’homogène, de la monnaie unique reste une chose relative…

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