Ce matin : les bonbons Haribo qui allègent leurs investissements en France.

Les bonbons Haribo, chacun voit de quoi il s’agit : les fraises Tagada, les boîtes de Dragibus, les Chamallow, un succès impressionnant en France, à tel point que le chiffre d’affaires y a doublé en dix ans. Savez-vous combien nous consommons de ces produits très sucrés ? 75.000 tonnes par an ! On en parle ce matin parce que Haribo, qui est un groupe familial allemand, du fameux Mittelstand, a deux usines en France, à Uzès, dans le Gard, et à Marseille. Eh bien, en dépit de la bonne santé en France, la décision a été prise de réduire les effectifs de cent salariés, soit 15% des effectifs d’ici la fin de l’année prochaine. Aucun investissement n’est prévu et au contraire, alors que les usines françaises produisent seulement 52.000 tonnes de bonbons. Je traduis : cela veut dire que la filiale française importe 25.000 tonnes de bonbons de l’extérieur, de pays plus ou moins limitrophes. Les coûts de production sont semble-t-il jugés trop élevés ici et donc, depuis plusieurs années, aucun investissement n’a été fait. En revanche, une très grosse usine est en cours d’installation en Allemagne, près de Bonn.

Est-ce une illustration des difficultés de l’industrie en France ?

Attention avant de tirer des leçons générales d’un cas particulier. Haribo est de plus une société familiale plutôt secrète, donc on a peu de détails et bien sûr ce n’est pas parce que l’entreprise dit que les coûts sont trop élevés qu’ils le sont et que c’est la raison de sa décision. Mais ce qui est frappant est que Haribo France préfère importer des bonbons d’Espagne, mais aussi d’Allemagne et d’Autriche, des pays aux coûts a priori totalement comparables aux nôtres, plutôt que de travailler plus en France. Pourquoi ? Il convient de se poser la question. Quand Whirlpool annonce en janvier qu’il quitte Amiens pour fabriquer ses sèche-linges en Pologne, on voit la logique des coûts de production. Mais l’Autriche, c’est autre chose. A partir de là, on a envie de dire que la campagne électorale part parfois sur des pistes et des débats qui n’ont pas grand-chose à voir avec cette réalité-là, concrète. Quoi qu’on pense, on ne forcera jamais Haribo à rester et à se développer ici contre son gré. On ne doit pas tout faire pour ramener la production de guimauve qui vient de partir en Belgique, mais on voit que les solutions sont plus micro-économiques, pointues et précises, que théoriques et idéologiques.

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