Effet Macron ou effet Brexit ?

Les deux bien sûr ! On parle beaucoup d’un effet Macron – et il est indéniable – sa politique rend la France plus attractive auprès des investisseurs. Mais on commence à voir, aussi, un effet Brexit. Le nombre de projets d’investissements étrangers dans l’Hexagone a bondi de 16% en 2017, établissant un nouveau record, avec un élément notable, ce mouvement s’est accéléré au deuxième semestre. Ça, c’est bien l’effet Macron. Mais allons plus loin : quand l’organisme public Business France demande aux chefs d’entreprises étrangers quel est le pays européen où il est le plus intéressant d’investir, derrière l’Allemagne, la France double le Royaume-Uni, qui décroche nettement. Ça, c’est l’effet Brexit. Autre réponse clef : la France est citée, presque autant que l’Allemagne, comme solution de repli pour les entreprises qui se détourneraient du Royaume-Uni. C’est essentiel parce que beaucoup d’investisseurs sont encore en stand-by. Ils attendent de voir quels seront les liens post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne avant de trancher. On n’est donc qu’au début du mouvement. Et le potentiel de gains est important - lors du précédent quinquennat, c’est la France qui avait fait office de repoussoir, en attirant deux fois moins de projets étrangers que le Royaume-Uni. Les courbes devraient se croiser dès cette année.  

Est-ce que Paris va aussi attirer les banquiers de la City ?  

C’est plus compliqué pour deux raisons. D’abord, les projets de départs ne sont pas si élevés. Londres va rester de loin la place dominante. Et puis Paris doit faire face à la concurrence d’Amsterdam, Dublin, et surtout Francfort. Mais là encore, on observe un resserrement des positions avec l’Allemagne. Une enquête récente de l’agence Reuters a même montré que la capitale française devrait attirer 2.300 emplois de la City, soit, ô surprise, davantage que Francfort. Et Business France a recensé une forte hausse, +57%, des investissements étrangers dans les services financiers en 2017 dans l’Hexagone. Les baisses d’impôts ciblées sur les hauts salaires dans la banque avaient fait débat l’an dernier, c’est le moins que l’on puisse dire. En tout cas, le lobbying commence à payer.

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