L'édito éco de Dominique Seux, du journal « Les Echos. » _____Deux rendez-vous de politique économique aujourd'hui : le premier à midi, à Douai, le second à 13 heures 45 à Francfort. Et avec deux personnalités qui ont eu longtemps du mal à mettre leurs pendules à la même heure ! Nicolas Sarkozy présentera dans le Nord son plan de soutien à l'activité, Jean-Claude Trichet annoncera une baisse des taux d'intérêt dans la zone euro. En France, c'est bien sûr le dispositif du chef de l'Etat qui est attendu. Un dispositif préparé dans le grand secret. On sait qu'il sera important, environ 25 milliards d'euros. On sait aussi qu'il y aura des aides de trésorerie pour les entreprises, une prime à la casse pour ceux qui se séparent de leurs voitures de plus de dix ans pour acheter une neuve. Il devrait y avoir enfin un chèque pour les Français en difficulté, un plan pour le logement et des investissements publics. Et sans doute des surprises ! Ce qui est important au-delà des mesures, ce sont les questions auxquelles le président doit répondre. La première, c'est l'objectif temporel de son plan. Quand a-t-il besoin qu'il soit efficace sur l'économie ? La deuxième est : qui faut-il aider aujourd'hui ? Les consommateurs, la demande, ou les entreprises ? Y a-t-il des bonnes réponses ? Si on regarde le contexte, l'économie est dans une situation de blocage. Octobre et novembre ont été noirs pour la production, et pas seulement dans l'automobile. Il y a donc une urgence à agir et avec des mesures à effet très rapide. La récession a lieu maintenant, pas dans un an. Tout ce qui peut remettre de l'argent dans le circuit fin 2008 début 2009 est bienvenu. Second point, qui aider ? Les économistes disent à peu près tous : l'investissement, les entreprises. Les syndicats disent : la consommation. Les économistes n'ont pas été très bons ces derniers temps, mais là, ils ont sans doute raison. Il vaut mieux donner un coup de pouce aux entreprises pour qu'elles ne licencient pas et embauchent, plutôt que d'aider une consommation qui tient. Soit en soutenant leur trésorerie, soit en leur assurant du chiffre d'affaires. Second rendez-vous, celui de la baisse des taux d'intérêt. Le principal taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, qui sert de pilote au crédit, est à 3,25%. La question est de savoir s'il baissera d'un demi-point ou de plus. Normalement, le recul spectaculaire de l'inflation et la récession devraient inciter les banquiers centraux à aller loin. Mais ils peuvent aussi garder des munitions pour plus tard. Naturellement, on a envie qu'ils se montrent audacieux. Après tout, les taux d'intérêt sont aux Etats-Unis de 1%. Il faut savoir qu'il y a un doute sur l'efficacité de ces baisses. Le marché du crédit est encore bloqué et ne redémarre pas parce que les banques n'ont plus vraiment confiance en grand monde. Concrètement, les entreprises ne trouvent pas de crédit ou trop cher. Ne surestimons donc pas l'effet de la baisse des taux, qui met de toute façon trois mois avant de commencer à se diffuser dans l'économie. Mais elle est utile quand même. Conclusion : le meilleur scénario, c'est la relance et la baisse des taux ? Ce n'est hélas pas si simple. Parce que plus les Etats font de la relance et empruntent de l'argent, moins ils laissent d'argent pour les autres. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui, ils assèchent les marchés. Mais c'est une autre histoire, attendons ce qui sera annoncé aujourd'hui !

L'équipe

Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.