Ce matin, une question qui n’en est pas une : la pause fiscale, quelle pause fiscale ?

Vous vous souvenez de l’annonce faite par François Hollande le 6 novembre à la télévision, devant les Français, c’était il y a presque un mois. « A partir de l’année prochaine, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui ce soit » . Il s’était repris presque immédiatement, précisant : « au-delà de ce qui a été annoncé, il n’y aura pas d’augmentation d’impôt » . Une semaine plus tard, Christian Eckert, avait, lui, utilisé une formule formidable : « le président fixe un cap, mais il faut parfois tirer des bords ». Outre que ce n’était pas très respectueux, le message était clair : on ne peut pas s’engager. Eh bien, Michel Sapin, le ministre des Finances, a convoqué hier la presse à 8 heures du matin pour développer un nouveau concept. Je cite : « désormais, les seules contributions appelées à augmenter le seront au titre de décisions déjà prises » . On a envie de reprendre une formule qui a fait ses preuves. Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé… Bon, traduction : la promesse présidentielle n’a pas tenu un mois.

Concrètement, où en est-on ?

On en est que de nouvelles hausses d’impôt ont été annoncées depuis l’engagement présidentiel. Hier, Michel Sapin a fait l’addition : 1,2 milliard d’euros d’impositions supplémentaires. Certes, l’une d’entre elles, la taxe nouvelle sur les résidences secondaires, avait fuité (comme on dit) quelques heures avant la promesse de François Hollande. Mais une autre hausse d’impôt a carrément été votée cette semaine, dans la nuit de mardi à mercredi. Elle concerne les grandes surfaces. Une taxe calculée sur les mètres carrés de ces magasins a été remontée d’un coup d’un seul de … 50%. Gain : 200 millions d’euros. La majorité et le gouvernement expliquent que les grandes surfaces vont toucher beaucoup de CICE, et donc c’est normal. Le résultat est que la grande distribution est tellement furieuse qu’elle a décidé de suspendre les discussions sur les contrats de génération, l’emploi des jeunes.

Et puis, il y a les hausses décidées il y a déjà longtemps mais qui rentreront en vigueur, petit à petit, d’ici 2017. ..

Il y a un « paquet » assez lourd. Ecoutez bien : au-delà de 2015, près de six milliards de hausses, déjà votées ces dernières années, vont s’appliquer. Je ne vais pas donner la liste exhaustive, mais quand même. Il y a la taxe carbone, qui pèsera sur les ménages dès l’an prochain, la contribution au service public de l’électricité, la hausse des cotisations retraite, la surtaxe sur le diesel etc etc. Sans oublier la fiscalité locale. Bien sûr, en face, il y a des allégements pour les ménages modestes et les entreprises. Mais au fond, avec cette promesse à tiroirs, le gouvernement applique une technique bien connue : celle de l’ivrogne patenté qui vous assure à chaque verre que c’est le dernier avant d’en reprendre un autre en se moquant ouvertement de vous.

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