Donald Trump a obtenu ce week-end le premier succès de son mandat, avec le vote de sa réforme fiscale.

Oui, mais il faut ajouter tout de suite que la majorité des économistes sont extraordinairement sceptiques sur les effets de cette réforme adoptée par le Sénat samedi, et qui doit être négociée entre les deux chambres d’ici la fin du mois. Ce texte abaisse, on le sait, le taux de taxation des bénéfices des entreprises de 35 à 20 % - ou plus probablement à 22 %, ce qui constitue la baisse la plus massive depuis une génération -depuis Reagan. Des allègements sont aussi prévus pour les particuliers. Les entreprises, les marchés financiers et les keynésiens -ce qui est un aréopage hétéroclite- applaudissent des deux mains et des deux pieds. Mais ce plan, dont l’objectif est de doper l’investissement et d’inciter les entreprises à rapatrier leurs usines sur le sol américain, (ce plan) a trois particularités inquiétantes. 

La première est (désolé d’être trivial) tout bonnement son coût : autour de 1.400 milliards de dollars sur dix ans. Une commission parlementaire indépendante a calculé qu’il aggravera lourdement le déficit budgétaire, de 1.000 milliards, même après les effets qu’il aura sur la croissance économique. Ce sont les plus pauvres qui paieront la note. 

La deuxième particularité est que la version du texte votée par le Sénat supprime l’obligation faite aux Américains de s’assurer pour leur santé en supprimant l'amende s'ils s'en abstiennent. C’est un torpillage en règle de l’Obamacare, que Donald Trump n’avait pas réussi dans sa précédente tentative il y a quelques mois.

Et la troisième inquiétude, Dominique ?

Elle nous concerne directement parce qu’elle concerne les entreprises non-américaines notamment européennes. Une taxe de 20 % est prévue sur les importations que les filiales américaines de groupes internationaux réalisent aux Etats-Unis. Concrètement, les pièces d’Airbus venant de France pour être assemblées dans les usines américaines du groupe seraient taxées à 20 %, comme les importations de Vuitton ou de L’Oréal. Les prix seraient remontés de 20 %, donc ils seraient moins concurrentiels. Pour les Allemands, les britanniques et les Italiens, ce serait itou. Objectif : forcer à fabriquer aux Etats-Unis. L’accord final entre les deux chambres retiendra-t-il cette piste révolutionnaire qui peut déclencher une guerre commerciale ? Eh bien, on le saura au prochain tweet.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.