L’édito éco de Dominique Seux, des « Echos »... _____Grandes manœuvres dans le secteur des télécommunications, grandes manœuvres qui concernent directement les consommateurs. Et des manœuvres qui apportent peut-être des bonnes nouvelles pour le pouvoir d’achat, ce qui n’est pas négligeable en ce moment. En fait, trois petits événements sont arrivés ces derniers jours dans le secteur des télécoms qui confirment qu’il est possible de trouver un bon équilibre entre les règles du marché et la régulation pour peu qu’une autorité de contrôle fasse correctement son travail. Avec la crise économique actuelle, on a quelques raisons de penser que ce n’est pas le cas de tous les corps de contrôle. Les événements ne sont pas considérables, mais quand même. L’autorité indépendante qui fait bien son travail, c’est l’Arcep, qui s’occupe des télécoms, d’Internet, de La Poste. Premier exemple, demain, le gouvernement annoncera les modalités d’attribution d’une quatrième licence de téléphonie mobile. Aujourd’hui, Orange, Bouygues et SFR se partagent le marché. Des plus petits ont aussi des offres, NRJ, Virgin Mobile, mais ils sont juste des sous-traitants. Cela fait des années qu’un débat a lieu, et que l’Autorité de régulation, l’Arcep, pousse à l’attribution d’une quatrième licence, comme partout ailleurs. Après avoir hésité, le gouvernement a dit oui, ce qui n’était pas gagné avant Noël. Evidemment, les opérateurs historiques ne sont pas ravis à l’idée de voir arriver un concurrent, alors ils ont obtenu qu’il ait un strapontin, un tiers seulement des fréquences restantes. Ils sont d’autant moins enthousiastes que le concurrent probable est Free, l’inventeur du forfait à 29 euros 90, de la Freebox et du triple pay – téléphone/Internet/télévision. Si Free remporte l’appel d’offres, il débarquera l’an prochain. Deuxième exemple… où le régulateur a un rôle à jouer, où l’Arcep joue un rôle. Hier, SFR a relancé la guerre des prix, cette fois dans le téléphone fixe. La filiale de Vivendi est prête à vendre l’abonnement minimum au téléphone fixe à 13 euros par mois quand France Télécom le propose à 16. Cet abonnement, c’est ce qu’on appelle le service universel, qui doit être fourni partout en France, y compris au fin fond des montagnes et des campagnes inaccessibles. Ces 16 euros sont payés en fait par 20 millions de Français, ceux qui ne sont pas totalement dégroupés comme on dit. Si SFR, qui a racheté Neuf et Cegetel, se lance, c’est qu’il vient d’éplucher les comptes de France Télécom, qui montrent que l’opérateur historique loue cher, peut-être trop cher par rapport à ses coûts, l’utilisation de ses fils de cuivre. Son concurrent demande donc à l’Arcep et au gouvernement de fixer des prix plus bas. Le message politique est simple : il y a là plusieurs milliards de pouvoir d’achat à redistribuer aux abonnés. On en reparlera. Le dernier exemple, pour faire court, il reste peu de numéros de mobile commençant par 06. Orange, SFR et Bouygues se sont mis en tête de tous les réserver pour ne laisser à Free que les premiers numéros de mobile commençant par 07, ce qui ressemblerait à un numéro surtaxé ! L’Arcep y a mis bon ordre. Conclusion, la concurrence est profitable au consommateur, elle l’a été dans la téléphonie, à condition qu’un arbitre règle le jeu. Mais c’est possible. C’est un peu facile, mais si les arbitres avaient fait leur travail dans la finance, on n’en serait pas là.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.