Nicolas Sarkozy détaille dans Les Echos ce matin son futur programme économique pour 2017. Y-a-t-il du nouveau ?

Oui, il va plus loin que ce que l'on savait jusqu'à maintenant et c'est le premier point intéressant : il sort du bois à quinze mois de l'échéance avec un projet plus précis que ce l'on a jamais vu aussi loin d'une présidentielle. On peut y voir soit la volonté de donner un coup de fouet à sa campagne alors qu'il n'est pas en tête dans les sondages, soit l'envie de mettre du concret sur la table alors que les Français en ont assez du blabla politique. Les deux explications ne sont pas incompatibles.

Mais y-a-t-il du nouveau sur le fond ?

Disons qu'il y en a sur le contenu et la méthode. Le contenu. Nicolas Sarkozy propose un contre-choc fiscal de 25 milliards de baisse d'impôts et de charges -ce qui est élevé. Y est associé un projet vraiment libéral qui est la réponse à tous ceux qui, à droite, lui reprochent encore de ne pas avoir fait, quand il était à l’Elysée, les réformes promises. Jusqu'à présent, Sarkozy avait toujours pensé que les Français ne voulaient pas de ça. Baisse de l'impôt sur le revenu, suppression de l'ISF, hausse de la durée du travail à 37 heures dans la fonction publique mais baisse des effectifs, étatisation provisoire de l'assurance chômage, suppression de l'aide médicale d’État, etc. Il n'y a pas de tabous. EDF et La Poste pourraient même être privatisées !

Et sur la méthode ?

C'est la fin des réformes séquentielles, par étapes. Dès l'été et le deuxième semestre 2017, tout ou presque serait fait parce qu'il pense que le temps politique a raccourci et que plus personne ne croit les politiques. C'est vrai.

Nicolas Sarkozy défend aussi son bilan.

Oui, quatre ans après encore et toujours. Il veut montrer en comparant les résultats de la France et ceux de la zone euro qu’en économie, son quinquennat qui a connu une crise internationale majeure a été meilleur que l'actuel qui n'en a pas connu. Un exercice périlleux notamment parce que la bonne comparaison est avec l'Allemagne (pas avec la Grèce!) et qu'elle n'est à l'avantage de personne.

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