Cela fait trois jours que les prix des produits alimentaires ont augmenté. Que vont y gagner les agriculteurs ?

Vaches
Vaches © Getty / Vanya Dudumova / EyeEm

C’est la grande question, l’objectif de la loi Alimentation entrée en vigueur le 1er février est bien celui-là, que les producteurs y gagnent quelque chose. Mais on va le savoir vite en regardant notamment les cours du prix du … lait. 

Rappel, d’abord, de ce qui a changé vendredi

Les étiquettes d’un millier de références ont grimpé, 5% du total, par exemple le Coca, le Nutella, le Nesquik, le Camembert Président, le Ricard etc. Bref, des stars des têtes de gondole. 

Les distributeurs n’ont plus le droit de les vendre à prix coûtant, zéro marge, comme ils le faisaient, la marge doit être de 10%. 

L’idée : rémunérer mieux producteurs, industriels, agriculteurs sur d’autres produits. Bon, dans la vraie vie, la concurrence est telle entre les super et hypermarchés que le prix du caddy moyen ne va pas bouger ou très peu, ou alors ce sont les prix hors-alimentation qui vont monter, par exemple l’hygiène et la beauté. 

Entre Leclerc qui crie au loup pour le consommateur et les industriels qui annoncent que les Français perdront 6 euros par an seulement, on verra. Mais on verra aussi ce qu’il en est sur le prix de la viande et, donc, du lait. 

Le prix du lait

Il faut savoir qu’un litre de lait était acheté il y a trois ans moins de 30 centimes au producteur, moins que les coûts de production, moins que le prix d’une cigarette taxes comprises – j’ai bien dit une. Cela défie le sens commun. 

Ces dernières mois, Danone, Lactalis, Bel (la Vache qui rit), Savencia (Caprice des dieux) se sont engagés à mieux payer les éleveurs. Sans que l’on sache si c’est lié, même en partie, le litre de lait cotait 37 centimes la semaine dernière

C’est encore en dessous d’une cigarette, mais c’est mieux, eh bien on suivra cela de près.

Que décidera le consommateur ?

C’est la question derrière la question. Nous sommes, tous, pris au piège de nos contradictions. Nous voulons des prix plus bas dans les magasins, mais voulons que les agriculteurs soient mieux rémunérés. 

Nous voulons une énergie bon marché, mais plus d’énergies renouvelables, alors que ce sont les subventions à l’éolien, au solaire, qui gonflent les factures d’électricité. Nous voulons lutter contre le réchauffement climatique, mais pas être dissuadés de rouler par les taxes sur les carburants. 

Bref, nous voulons tous le beurre et l’argent du beurre et nous tournons en rond.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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