**Il est encore temps de présenter ses vœux et Dominique vous n’en formulez qu’un, un seul…Oui, un seul et qui ne porte pas sur la solidité de la reprise, sur la santé des banques et sur la courbe du chômage. Ce seul vœu pour 2010, c’est que l’Europe se ressaisisse, qu’elle se réveille si elle ne veut pas être marginalisée comme un continent sympathique mais sur le déclin. Cette inquiétude se nourrit de l’actualité la plus récente. Ecoutez, qu’a manqué quelqu’un qui a pris deux semaines complètes de vacances un peu loin, qui revient et qui veut se mettre au courant ? Il a manqué que, le 23 décembre, la branche automobile de Volvo a été rachetée par le chinois Geely ; c’est la plus grosse acquisition d’un constructeur chinois à l’étranger et si cela se passe comme Rover, les usines européennes ont du souci à se faire. Il a manqué encore que, le 27 décembre, l’Emirat d’Abou Dhabi a choisi un groupe dirigé par les sud coréen pour construire quatre centrales nucléaires à la place des quatre champions français regroupés dans le consortium EDF-Areva-Suez et Total - excusez du peu. Et pourtant, le nucléaire, c’est de la très haute valeur ajoutée. Et comme notre vacancier se souvient que l’Europe, le 20 décembre, a subi une défaite cuisante à Copenhague sur le climat puisque les Etats-Unis et la Chine ont décidé ensemble d’aller à leur propre rythme alors que l’Europe se positionne depuis des années comme le champion du climat, eh bien notre vacancier se dit que la roue tourne, et pas dans le sens européen. Ce pessimisme hivernal est-il vraiment justifié ?C’est vrai qu’il y a plusieurs façons de voir les choses. Il est possible de se dire qu’il est tout à fait normal que les forces s’équilibrent et que l’Orient, l’Asie, prennent une place nouvelle qui correspond d’ailleurs à leur démographie et à leurs talents. Ce n’est que justice, c’est vrai. Mais la grande question est de savoir quelle place l’Europe va conserver, dans quels secteurs elle va garder son avance. Si on regarde les données économiques globales et les dernières prévisions, on voit que les Etats-Unis devraient redémarrer cette année autour de + 2,5%, que la Chine cavale à près de 10%, et que l’Europe tournera autour de 1% après avoir chuté de 4% l’an dernier. C’est vrai, ces scénarios sont flottants, il y a par exemple un risque de rechute aux Etats-Unis et le modèle social de l’Europe continentale a mieux tenu. Mais on voit bien que l’Europe ne peut pas être seulement un modèle social, elle doit avoir un modèle économique qui n’est pas clairement identifié aujourd’hui, sur l’innovation, la recherche, les technologies. Voilà donc, plus qu’un vœu, une proposition : celle d’un débat sur l’identité économique européenne ! Peut-il être mené à Bruxelles ?Ce n’est pas sûr, cette époque est peut-être terminée, la crise a montré que l’intergouvernemental fonctionne mieux que le niveau européen. Il y a dix ans, en 2000, l’Europe avait adopté la stratégie de Lisbonne pour se mettre au niveau en terme de compétitivité. Cette année, elle va renouveler l’exercice. Mais juste une remarque : on attend encore les premières déclarations du nouveau président de l’Europe, Hermann Von Rompuy.**

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