François Hollande a décidé de faire de l’économie et de l’emploi sa première priorité pour cette année. A-t-il raison ?

Oui c’est ce qu’il a dit dans ses vœux aux Français et il a raison. Le risque évident est que la situation internationale, le risque terroriste et l’approche des échéances politiques majeures que sont la primaire à droite cette année et la présidentielle de 2017, le risque est que tout cela fasse passer sous le tapis l’économie et le social. Cela restera forcément tentant parce que la sécurité et la déchéance de nationalité sont des sujets qui offrent aux politiques quels qu’ils soient l’occasion de davantage de prises de bec simplistes et d’illusions de changer les choses. Le président a donc mis en avant son intention d’agir, avec un plan anti-chômage sur la formation des chômeurs et l’emploi dans les très petites entreprises. Tant mieux. L’inaction serait d’autant plus un problème que 1 la reprise économique n’est pas du tout flamboyante en France, et que 2 la preuve a été faite en 2015 que le problème du chômage est bien notre problème français et qu’il n’est pas imposé de l’extérieur. L’an dernier tous les vents ont en effet soufflé dans le bon sens : pétrole pas cher, euro et taux d’intérêt plus bas et aussi politiques budgétaires plus desserrées en Europe. Cela n’a pas suffi. Or il n’y a aucune raison de croire que les entreprises françaises voudraient moins baisser le chômage que les allemandes ou les britanniques. Bref, le chômage ne baissera pas tout seul.

François Hollande a donc raison, mais est-il crédible ?

A priori, la réponse est non. Regardons les résultats jusqu’à maintenant: il y a exactement à la virgule près 680.000 demandeurs d’emploi supplémentaires depuis 2012 en catégorie A. Si la courbe ne s’inverse pas d’ici l’été, ce sera autant que pendant tout le quinquennat précédent. Alors, les choses peuvent-elles s’améliorer ? Oui, plusieurs rendez-vous sont prévus sur le droit du travail, l’indemnisation, la simplification etc ; il faudrait les aborder sans tabou côté patronal, syndical et gouvernemental. Est-ce possible ? On peut en douter tant la période est politique, mais il n’est pas interdit d’espérer – évidemment.

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