Donald Trump secoue l’industrie automobile américaine et il a obtenu hier un succès avec Ford.

Rappel en trois phrases, d’abord, ce qui s’est passé. Ford a annoncé hier l’annulation d’un investissement de 1,6 milliard de dollars au Mexique, où le groupe prévoyait depuis avril d’ouvrir une usine de 2.800 salariés pour y produire des Ford Focus. En parallèle, il a décidé de réaffecter la moitié de cette somme pour fabriquer des voitures électriques, hybrides et autonomes dans le Michigan. Le constructeur dit que sa décision n’a rien à voir avec Donald Trump mais le président-élu fustige sans cesse les délocalisations au Mexique et en Chine et le lien est évident.

Sa méthode forte marche donc ?

La question politique est en tous cas passionnante, et ne peut qu’intéresser par exemple Jean-Luc Mélenchon ici présent. Quelle énergie, quelle force, quelle capacité à créer de l’incertitude doit avoir un responsable politique pour changer les choses et bouger les lignes ? Avant même son entrée en fonction, Trump manie la dissuasion non pas du faible au fort, mais qu’on pourrait appeler du fou au fort. Personne ne sait ce qu’il va faire, ce qu’il peut dire par ses tweets qui bouleversent la communication habituelle, personne ne sait jusqu’où il peut aller. Ni Ford, ni la Chine, ni le Mexique, ni l’Europe. C’est sa force, il en profite et veut ridiculiser les démocrates mous. Précision 1 : j’utilise le mot fou comme aux échecs, pas littéralement. Précision 2 : Trump prépare une énorme baisse de l'impôt sur les sociétés, çà compte.

Mais ce style a aussi de grosses limites.

D’abord, c’est arbitraire et autocratique. Trump montre du doigt untel ou telle entreprise, pas telle autre, c’est aussi injuste qu’un management de petit chef. Ensuite, attention à la publicité mensongère. La semaine dernière, il a annoncé le retour par un opérateur télecoms de 5.000 emplois, c’était faux. Le retour avait été déjà annoncé … un an avant. Hier, il a taclé General Motors, et là il s’est planté sur les faits. Enfin, ces relocalisations, si elles ont lieu, signifient que oui, cela stopperait le mouvement qui fait que 9 des 11 dernières usines auto construites en Amérique du Nord l’ont été au Mexique. Mais cela veut dire aussi que les voitures payées par les Américains moyens seront plus chères, à moins qu’elles ne soient fabriquées par des robots. Travailleur, consommateur, c’est l’éternel débat.

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