Dominique Seux était ce week-end à Aix-en-Provence, au Davos économique français.

Oui, les chefs d’entreprise et les économistes avaient en quelque sorte la gueule de bois, et il y avait aussi un zeste de mea culpa. Les Rencontres économiques d’Aix, depuis seize ans, accueillent le gratin des chefs d’entreprises français, des économistes d’institutions publiques ou privées, quelques politiques, des banquiers centraux, qui débattent devant un public nombreux. Tout çà sous un soleil ce qui ne gâche rien.

Cette année, il y a avait un sujet évident : le Brexit. Tout le monde a répété son inquiétude face aux conséquences économiques, non pas du Brexit lui-même, mais de la période d’incertitude qui s’ouvre. La formule qui a couru tout le week-end était : le Grexit (la crise grecque) a plombé le climat pendant deux ans, on ne va recommencer avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Bref, quoi qu’on fasse, faisons-le vite

Mais le Brexit, n’était le sujet apparent. Derrière, il y avait…

Il y avait le constat que le résultat de ce référendum britannique, comme le succès de Trump et de Sanders aux Etats-Unis, comme le cas autrichien où on voit l’extrême-droite proche du pouvoir, que tout cela veut bien dire quelque chose. Et ce quelque chose, c’est le fait que la mondialisation, celles des biens et de la circulation des hommes, telle qu’elle fonctionne, et telle qu’elle a été largement vantée les années précédentes à Aix, cette mondialisation fait aussi des perdants dans nos pays confrontés à la concurrence des pays émergents et à des problèmes de qualification de leur main d’œuvre.

Non, tout le monde n’est pas gagnant, loin des grandes métropoles notamment. A Aix cette année, il y avait un petit air de mea culpa et d’abord chez les économistes y compris les plus classiques et insérés dans la réalité économique. A tel point que le Cercle des économistes présidé par Jean-Hervé Lorenzi a fait un éloge du retour à la souveraineté, aux frontières, au pays, à la nation. Je peux vous dire que c’est inédit et troublant.

Du côté des chefs d’entreprise, c’est moins le cas, parce qu’ils voient aussi les gagnants, ceux des pays émergents où ils travaillent, la disparition de la faim par exemple. Mais la question à laquelle tout le monde cherche une réponse est : comment retisser le lien coupé entre les élites et les peuples.

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