EDF a annoncé hier que le coût de son plus gros investissement à l’étranger dérape.

Jean-Bernard Lévy commente les résultats du groupe EDF de 2016 en février 2017
Jean-Bernard Lévy commente les résultats du groupe EDF de 2016 en février 2017 © AFP / ERIC PIERMONT

Il s’agit des réacteurs nucléaires EPR d’Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Signé l’été dernier, cet investissement devait coûter un peu plus de 20 milliards d’euros, ce qui est -il faut s’en rendre compte- un chiffre gigantesque pour une entreprise. En échange, évidemment, les Britanniques achètent le courant à un prix garanti pendant trente-cinq ans.

Eh bien, on a appris hier que le coût des réacteurs serait supérieur de 1,7 milliard d’euros à ce qui était annoncé jusqu’à maintenant. Et que la mise en service serait peut-être reportée de 2025 à par exemple 2027. C’est un dérapage de pas loin de 10%.

La question qui se pose est celle-ci : ce surcoût était-il prévisible, a-t-il été par conséquent caché, et est-ce le dernier ?

La réponse est qu’on peut avoir un gros doute sur la sincérité de la direction d’EDF quand elle a annoncé la facture il y a quelques mois. Les écologistes –ça c’est logique- mais aussi un certain nombre de voix à l’intérieur de l’entreprise -ça c’est plus rare- avaient tiré la sonnette d’alarme. Le directeur financier d’EDF avait même démissionné.

Au passage, j’aimerais savoir ce qui se passe dans la tête de Nicolas Hulot, qui préfère le solaire ou l’éolien au nucléaire mais qui a aussi la tutelle d’EDF et doit dans ses fonction s’inquiéter des déboires de l’électricien !

La situation financière d’EDF est-elle inquiétante ?

L’entreprise a les reins solides, elle a un portefeuille de clients considérable. Mais c’est vrai que l’annonce d’hier est une brique de plus dans le gros mur d’investissements et d’ennuis auquel elle fait face.

Il y a donc Hinkley Point et on ne saura pas avant plusieurs années si EDF a eu raison ou a eu vraiment les yeux plus gros que le ventre, s’est entêtée au-delà du raisonnable alors que beaucoup d’électriciens considèrent désormais que le nucléaire n’est plus économiquement intéressant.

Il y a l’EPR de Flamanville, il y a eu Olkiluoto, en Finlande, il y a le grand carénage (une grande remise à niveau des centrales existantes en France), etc. etc.

Qui paie pour ces aléas, me direz-vous ? Les contribuables –il y a eu une augmentation de capital au printemps-, les clients –par les tarifs-, et encore le budget de l’Etat –par les subventions aux généreux régimes de retraite. En fait, à chaque fois, disons-le, ce sont les mêmes.

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