A Paris, Autolib est mort, mais l’autopartage a de l’avenir et attire Renault et PSA.

Le service Autolib devait  dégager un bénéfice de 56 millions d'euros par an mais le groupe Bolloré, avait rapidement annoncé un lourd déficit
Le service Autolib devait dégager un bénéfice de 56 millions d'euros par an mais le groupe Bolloré, avait rapidement annoncé un lourd déficit © AFP / ERIC FEFERBERG

Oui, et ce qu’il faut comprendre, c’est que la disparition d’Autolib signe l'échec économique d'Autolib, pas du tout la fin du modèle de l’autopartage qui, lui, reste promis à un bel avenir dans les grandes villes – pas seulement dans la capitale. 

Ce matin, Renault, qui a une longueur d'avance, présentera sa proposition à la mairie de Paris. PSA a officialisé dare dare la sienne hier après-midi. Concrètement, à partir de septembre, les constructeurs vont déployer des centaines de petites voitures électriques (des Zoe, des PeugeotIon et des Citroën), que chacun pourra localiser avec son smartphone, utiliser et garer où il le veut. 

Cela s’appelle le free-floating, et c’est bien plus libre qu’Autolib, où les voitures devaient être prises à une station et rendues à une autre. Anne Hidalgo va donner un coup de pouce : les constructeurs de voitures électriques paieront simplement un petit forfait annuel pour se garer partout. Certains imaginent jusqu’à 20 000 voitures en autopartage à Paris. 

Maintenant, la question est la suivante : pourquoi Renault et PSA se lancent-ils sur ce créneau alors que leur métier est de vendre le maximum de voitures, pas de les mettre en partage et d’en vendre moins ? Réponse : ce n’est pas un suicide ! C'est réfléchi, parce qu'ils sont bien obligés de constater que la voiture recule en ville et que les générations montantes s’intéressent moins à sa possession qu’à son usage. 

Bref, ils n'ont pas le choix ?

Oui, mais les constructeurs sont affolés à l’idée de perdre le contact avec les jeunes citadins qui ne circuleraient qu’en Uber, en métro, en tramway et à vélo. 

Du coup, leur raisonnement est qu’un jeune Parisien (ou Lyonnais ou Nantais) qui utilise un service d’autopartage pour circuler intramuros continuera plus tard par louer une voiture pour un week-end ou les vacances. Puis, le jour où des enfants arrivent, il finira par acheter une voiture, en ligne ou en concession. Et justement le numérique permet aux constructeurs d’être en contact non plus seulement avec quelques milliers de concessionnaires, mais avec des millions de clients à qui parler directement. 

Enfin, il y a ce que l’on ne peut pas dire : un des problèmes de l’autopartage, c’est la dégradation des voitures. Il faut réparer les véhicules souvent, très très souvent. Or, où les constructeurs font-ils de la marge ? Sur les pièces et la main d’œuvre. CQFD. Conclusion : attention à ne pas enterrer trop vite la voiture en ville.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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