Le gouvernement a donc choisi de baisser le quotient familial plutôt que les allocations familiales.Oui, et on peut se dire qu’il a choisi la moins pire des deux mesures sur la table, mais que c’est peut-être en même temps la mesure fiscale de trop. Avant toute chose, cet arbitrage souligne l’extrême intérêt de François Hollande pour la fiscalité. A l’automne, il avait déjà décidé lui-même les modalités du crédit d’impôt compétitivité de vingt milliards pour les entreprises – qui est malin puisqu’il ne coûte rien au Budget avant 2014. Ce coup-ci, c’est lui encore qui a finalement décidé de passer par le quotient familial, contre l’avis d’une partie de ses conseillers et de Bercy. Il s’y connaît et ça le passionne.Il avait donc le choix entre deux mesures…Avec chacune des avantages et des inconvénients. L’avantage d’une baisse des allocations familiales était qu’elle pouvait être présentée comme économie, pas comme une hausse d’impôt, ce qu’est le quotient familial. Mais on touchait à l’universalité des allocs. L’avantage du quotient est qu’un plus grand nombre de familles sont concernées – y compris avec un seul enfant – et donc que la perte moyenne est moins élevée. En plus, les contribuables ne s’en rendront pas compte avant septembre 2014, c’est loin. C’est l’avantage de l’impôt sur le revenu !Mais, justement, François Hollande s’était engagé à ne pas augmenter encore les impôts.Lors de sa dernière conférence de presse, il avait dit (je cite) : « l’idéal serait de ne pas avoir à encore augmenter les impôts ». Tant pis pour l’idéal... Ce qui est sûr est que cette hausse d’impôt sera loin d’être neutre pour plus d’un million de familles. En moyenne, celles avec un enfant qui ont les revenus suffisants pour être concernées par la mesure perdront 42 euros par mois, celles avec deux enfants 83 euros, trois 167 euros et quatre 250 euros par mois. Au total, ça n’est pas rien.Et au total les douze mois écoulés auront été, dites-vous, fertiles en hausse d’impôt.Les hausses d’impôt sont nécessaires pour réduire les déficits – on ne peut pas dire une chose et son contraire. Mais c’est vrai, j’ai fait le compte, qu’il s’agit du douzième relèvement significatif en douze mois, un par mois. On y va : Il y a eu le gel du barème de l’impôt sur le revenu, qui augmente de 2% l’impôt de tous, la refiscalisation des heures supplémentaires, le tour de vis sur la fiscalité de l’épargne et les successions, les taxes sur la bière et le tabac, la hausse des cotisations retraites des salariés et des retraités, la fin du forfait pour l’emploi d’un salarié à domicile, la fiscalité sur l’immobilier, la hausse à venir de la TVA en 2014 ... Ouf ! et donc, annoncées hier, le tour de vis sur le quotient familial et – moins repérée – la suppression de la réduction d’impôt pour ceux qui ont un enfant au collège ou au lycée.... ça fait douze qui s’appliquent à chaque fois à des millions de personnes. Je laisse à chacun de nos auditeurs le soin de lister douze économies significatives dans les dépenses publiques prises depuis un an.

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