Ce matin, une chronique un peu particulière. Ces dernières années, vous avez dit des bêtises à propos de la situation économique réelle… et aujourd’hui, vous le reconnaissez !

Vous comprenez que l’on hésite à faire ce genre de chronique … même s’il n’y a rien de dramatique ! De quoi s’agit-il ? J’ai souvent répété à ce micro, comme tous les journalistes, comme la plupart des économistes et des responsables politiques -de droite de gauche d’en haut ou d’en bas-, que la crise économique était terrible, profonde et exceptionnellement longue. Voire même plus longue que celle des années 30. La preuve, disait-on, c’est que la France n’a retrouvé qu’à la fin de l’année 2013 son niveau d’activité économique de 2008, avant le choc des sub-primes. Six ans pour rien, six ans de croissance zéro en moyenne, a-t-on martelé. François Hollande et Manuel Valls ont eux-mêmes repris l’image. Eh bien, c’était faux et archi-faux. On l’a appris il y a peu quand l’Insee a remouliné les chiffres des dernières années, avec de nouvelles règles statistiques qui prennent mieux en compte les dépenses de recherche. On a parlé dans les médias des conséquences pour 2013 de ce toilettage. Mais silence radio pour avant.

Quel est le nouveau film – le vrai cette fois ! - de la croissance ?

La France a effacé la crise dès l’automne 2011, deux ans plus tôt qu’on ne le croyait. En termes de niveau d’activité économique s’entend. En 2012, la croissance n’a pas été nulle – on se souvient des gros titres – mais de 0,3% - comme celle de 2013. Ce n’est pas terrible, mais cela n’est pas nul. Et 2010 et 2011 ont été de bonnes années, avec une croissance supérieure à 2%. Mais il ne s’agit pas d’une réhabilitation du bilan de Nicolas Sarkozy, mais des chiffres. On voit bien en réalité que c’est vraiment la crise de la zone euro qui a cassé la reprise qui s’amorçait franchement.

Bon, mais qu’est-ce que cela change vraiment pour les Français ?

Cela ne change rien à notre pouvoir d’achat qui a baissé au cours de chacune des trois dernières années – on lit cela aussi dans les données de l’Insee . Cela ne change rien à la hausse du chômage. Mais ce que l’on sait maintenant invite à se poser une question toute simple : les gouvernements auraient-ils mené des politiques économiques différentes s’ils avaient eu en main ces données nouvelles ? Peut-être… Au-delà, bien sûr, on peut broder sur la vacuité des statistiques, et sur l’indicateur à valeur limitée qu’est la croissance. Au total, il a semblé logique de faire un droit de suite par rapport à des informations qui se sont révélées fausses.

Les autres pays européens vont eux aussi réviser leurs chiffres de croissance. Avec quelles conséquences ?

Pour cette raison, le classement des économies entre l’Italie, La Grande-Bretagne et la France va être modifié. La France restera-t-elle la 5ème puissance mondiale ? On le saura après l’été !

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