Les Echos apporte une information sur des réflexions en cours concernant Air France.

Il ne s’agit pas encore du nom du futur patron du groupe qui pilotera le groupe Air France-KLM : il faudra plusieurs semaines pour qu’il soit choisi en remplacement de Jean-Marc Janaillac, parti après l’échec de son référendum interne. 

Non, il s’agit d’un scénario auquel réfléchissent des milieux économiques et l’Etat, et ce scénario concerne l’évolution du capital d’Air France. 

A l’heure actuelle, l’Etat détient un peu plus de14% du groupe aérien. Eh bien, une entreprise privée, le groupe AccorHotels propose de racheter tout ou partie de cette participation à l’Etat. Ou même, selon un schéma encore plus surprenant mais intéressant, qu’Accor entre au capital d’Air France, mais que l’Etat entre au capital d’Accor – à hauteur d’environ 3% du groupe hôtelier qui vaut bien plus cher en bourse que la compagnie aérienne. 

L’objectif, dans l’esprit de Sébastien Bazin, qui dirige Accor, c’est un projet industriel : réunir les forces d’Air France et d’une entreprise qui possède 620.000 chambres et 4.300 hôtels dans 100 pays -ce sont des marques hôtelières comme Ibis, Sofitel, Mercure etc. L'idée : quand on réserve un avion, on réserve souvent un hôtel, c'est de proposer aux clients des packages, des offres, en croisant les informations, ce serait constituer un géant du tourisme et du voyage face, pour Air France, aux compagnies low-costs et face, pour Accor, à Expédia, Booking et AirBnb. 

Bref, l’idée serait une ligne de résistance contre les Gafa.

Cela peut-il marcher ?

Nous en sommes à un stade ultra-préliminaire et il y a beaucoup d’obstacles. Première question : est-ce que cela intéresse Air France ? Ensuite, le projet a été soumis au gouvernement, qui n’a pas de position, qui regarde sans tabou, si le projet industriel tient la route. 

Evidemment, sortir du capital de la compagnie aérienne, ce serait un tournant pour l’Etat - même si sa présence n’apporte rien, et même complique les choses parce que cela laisse penser qu’il sera toujours là comme sauveur. Mais l’Etat peut être intéressé sur un point : être au capital d’Accor protégerait Accor contre les risques d’une OPA, par exemple chinoise, et il resterait indirectement au capital d’Air France. 

D’une pierre deux coups avec un zeste de protectionnisme économique. A suivre donc, notamment le cours de bourse d'Accor aujourd'hui, même si cela paraît très subtil. Peut-être trop.

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