Les entreprises étrangères en France créent des emplois chaque jour, mais cela fait moins de bruit que les suppressions de postes. Plus de 1.000 projets ont été annoncés en 2018.

Des emplois se créent en France
Des emplois se créent en France © Getty / Smith Collection/Gado

Les entreprises étrangères en France créent des emplois : cette phrase semble étonnante quand on a en tête les 1000 emplois de General Electric sur la sellette à Belfort, la déconfiture de British Steel, le repreneur d’Ascoval dans le Nord, et les suppressions d’emplois chez Ford en Gironde. 

Et pourtant !

Vous connaissez l’expression : on entend le bruit des arbres qu'on abat, pas de ceux qui poussent. En économie, c’est la même chose. On prête beaucoup d'attention aux destructions d'emplois, moins aux créations. C’est compréhensible : la perte d'un travail est douloureuse et quand ils sont nombreux à disparaître, ils traumatisent un bassin d'emploi, une ville, une région. 

Mais notre regard est faussé parce que l’économie crée plus d'emplois qu'elle n'en détruit, et c'est le cas pour les entreprises étrangères en France. Qui en a entendu parler ? Ces derniers mois, des investissements et des emplois ont été annoncés par Allergam en Haute-Savoie (c’est un groupe pharmaceutique américain), par Symphony à Nice (c’est une start-up californienne de messagerie cryptée), par Fujitsu à Saclay, par IBM qui va créer 1800 emplois dans l’intelligence artificielle, le cloud et l’Internet des objets ou par Bodyfriend (des Coréens), eSol etc. etc. Qui le sait ? Personne. Enfin, maintenant, si ! :)

1027 projets d’investissements ont été annoncés en France en 2018

Selon l’enquête du cabinet EY, 1.027 projets d’investissements ont été annoncés en France en 2018, dont 339 dans l’industrie. 

Au total, les entreprises étrangères emploient deux millions de personnes sur notre sol, et la France bénéficie d’un petit effet report du recul de l’attractivité de l’Allemagne et du Royaume-Uni, même si c’est l’Espagne qui est le grand gagnant européen. Ces comparaisons entre pays doivent être prises avec des pincettes mais si l’enthousiasme vis-à-vis d’Emmanuel Macron s’est tassé ces derniers temps, il reste - si on peut dire- attractif. 

Et le président mouille sa chemise ?

Il fallait le voir hier à l’Elysée s’adresser à une quarantaine des plus grands banquiers du monde (réunis par l'IMC) pour les convaincre que Paris est la métropole qui compte en ce moment, par comparaison à Berlin et Londres. Mes réformes vont être efficaces, leur a-t-il promis, en utilisant une drôle d’expression, la vallée de la mort (death valley), pour situer la période actuelle un peu flottante, entre le vote des réformes hier et leurs premiers effets bientôt.  

Le hic, c’est que les banquiers qui avaient laissé leur portable ouvert recevaient en même temps des alertes indiquant l’inquiétude du FMI sur le niveau à moyen terme de la dette publique tricolore qui va dépasser les 100% du PIB !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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