Ce n'est évidemment la raison qui parle (elle pousse au pessimisme) mais quelques signaux positifs trouent le ciel noir de l'avenir économique. La priorité devrait être aujourd'hui de permettre à davantage d'élèves de retrouver le chemin de l'école.

Climat économique : et si le pire n'est pas certain ?
Climat économique : et si le pire n'est pas certain ? © Getty / mikroman6

C’est un exercice un peu audacieux de chercher les coins de ciel bleu quand le gouvernement lui-même anticipe une récession de 11% cette année. 11%, c’est-à-dire, écoutez bien, quatre fois la récession de 2009, en pleine crise financière. Quatre fois ! 

Mais l’éclaircie est indubitable sur le front sanitaire par rapport à ce qui était espéré il y a seulement trois semaines, et moins de peur, c’est davantage de confiance (voilà une belle tautologie), et moins de peur c’est donc bon pour la reprise. 

Voilà cinq éléments positifs :

  1. Le niveau de consommation est élevé, proche de la normale, les Français dépensent leur épargne. L’emploi est très fragile mais pour l’instant, c’est l’Etat qui boucle les fins de mois. 
  2. Les professionnels du tourisme parient sur le fait que les Français vont rester en France. Cela compensera les étrangers qui ne viennent pas. Ce rapportera moins, mais ils seront là. 
  3. La consommation d’électricité de l’industrie est revenue à la normale, d’après RTE. C’est un signe intéressant du redémarrage. 
  4. Jamais les gouvernements et les banques centrales dans le monde n’ont autant mis et en même temps sur la table. Cela créé un effet multiplicateur keynésien évident. A moyen terme, rajouter de la dette à chaque crise pose un problème majeur, mais pour l’instant, ça marche. 
  5. Enfin et surtout : on ne peut qu’être frappé par l’ingéniosité des acteurs économiques et des Français pour redémarrer dans de bonnes conditions. On le voit dans les magasins, les usines, les bureaux. Le télétravail, dont on a beaucoup parlé pendant le confinement, va peut-être aussi constituer un levier de productivité dans la période qui s’ouvre. 

La crise est quand même là 

Bien sûr. Et les salariés encore en chômage partiel et ceux des entreprises en procédure judiciaire le vivent douloureusement. On voit aussi que l’économie n’ira pas mieux tant que beaucoup d’enfants n’iront pas à l’école ou ne sont pas accueillis à l’école : il y a aujourd’hui un problème. 

Mais tout l’enjeu est que l’économie réaccélère ce mois de juin. C’est le mois clé. Faut-il croire aux éclaircies ? 

Dans « Hommes femmes mode d'emploi », Claude Lelouch fait dire à Pierre Arditi : « Le pire n'est jamais décevant mais le pire n'est pas toujours certain ». En fait, l’économie est moins imaginative que le cinéma, et le pire serait hélas décevant. 

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