**Et revoilà la commission Attali ! Nous l’avions quittée début 2008 quand Jacques Attali et 42 personnalités avaient remis à Nicolas Sarkozy 316 propositions chocs pour « libérer la croissance ». 316, c’était beaucoup (beaucoup) trop et l’opinion avait seulement retenu la suppression des départements et des avoués ou la libéralisation des taxis parisiens. Et puis la crise est arrivée, et on n’a plus parlé de la commission Attali et de mesures libérales. Sauf que Nicolas Sarkozy, fin février, a demandé à l’ancien conseiller de François Mitterrand de lui faire de nouvelles propositions. Du coup, les réunions s’enchaînent actuellement et Christine Lagarde sera par exemple entendue aujourd’hui. Dans quelques jours, un état des lieux sera établi et en juillet, une dizaine d’idées concrètes seront mises sur la table. Alors, juste pour mémoire, dans cette commission, on trouve des économistes, des chefs d’entreprise (Claude Bébéar, Anne Lauvergeon pour Areva – autre ex-collaboratrice de F. Mitterrand), des anciens syndicalistes (Jean Kaspar, ex CFDT), des écrivains (Erik Orsenna) et même un psychiatre connu (Boris Cyrulnik). C’est assez éclectique ! Mais pourquoi cette résurrection ? Du point de vue de la commission Attali, on le voit bien. Elle a envie de montrer qu’elle a servi à quelque chose. C’est vrai que quand on regarde derrière la surface des choses, beaucoup de propositions ont finalement été retenues - au moins en partie : la réforme de l’enseignement supérieur, la création d’une Autorité de la concurrence, la rupture amiable du contrat de travail, la quatrième licence de téléphonie mobile etc. En revanche, d’autres sont restées lettre morte : l’ouverture de certaines professions (pharmacie, coiffeurs) ou l’impôt sur le revenu à la source. Ce qui est sûr aussi est que Jacques Attali et les membres de sa commission ne sont pas vraiment optimistes pour l’avenir et pensent aujourd’hui que si d’autres réformes ne sont pas faites pour diminuer la dette, améliorer l’éducation, la France va droit dans le mur. Ils veulent mettre sur la table des idées utilisables par la droite comme par la gauche. Ça, c’est l’idée de la commission Attali, mais quel est l’objectif de Nicolas Sarkozy ?C’est le plus intéressant mais la réponse est plus facile pour le passé que pour l’avenir. Pour le passé, le chef de l’Etat sait que l’opinion (y compris dans son électorat) doute de la réalité des réformes depuis 2007. Ont-elles été faites et ont-elles été faites jusqu’au bout ? Demander un état des lieux, cela permettra de montrer le verre à moitié plein. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi même, alors qu’il fêtera jeudi ses trois ans à l’Elysée, Nicolas Sarkozy va publier un bilan écrit de son action. Voilà pour le passé. Pour l’avenir, l’usage de la commission Attali est plus mystérieux. Car si elle présente de nouvelles pistes de réformes - par exemple sur le terrain fiscal et de l’équité fiscale, comme c’est probable -, qu’en fera le chef de l’Etat ? Jusqu’à maintenant, on avait compris que la réforme des retraites serait la dernière grande réforme du quinquennat. Dans ce cas, pourra-t-il dire : « voilà, on me propose des réformes urgentes, mais je les mets dans un tiroir ». Conclusion ?Limpide : soit il y aura d’autres réformes d’ici 2012, soit Nicolas Sarkozy cherche une boîte à outils pour la campagne de 2012.**

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