L'événement politique et économique de la semaine, c'est l'élection britannique qui aura lieu jeudi.

Oui, et c'est l'occasion de regarder la situation économique de la Grande-Bretagne. Ce qui frappe le plus c'est le niveau très bas du chômage, autour de 5% de la population active. Mais si on élargit le regard, on s'aperçoit que nos deux plus grands voisins, les Britanniques et les Allemands, sont dans cette situation de quasi plein emploi. De l'autre côté du Rhin, le chômage est aussi proche de 5%, la moitié du nôtre. Et dans les 2 cas, c'est à cause d'une croissance plus vigoureuse mais aussi parce que les deux pays se sont dits : il vaut mieux avoir des mini jobs, assumés comme précaires, plutôt que pas de jobs du tout.

Des formules voisines existent dans les deux pays.

A Londres, ce sont les fameux zero hour contract. Vous êtes embauchés sans durée horaire, votre temps de travail dépend de l'activité. Au pire, vous restez près de votre téléphone en attendant qu'il sonne. Plus d'un million de contrats de ce type existent ; pour des étudiants, mais pas seulement. Ainsi, la quasi totalité des salariés de Mac Do sont sous ce statut. A Berlin, ce sont les mini jobs à 450 euros par mois, normalement prévus pour deux mois maximum, mais qui sont renouvelés. Dans les 2 pays, ces contrats sont discutés : les travaillistes anglais veulent les limiter. Mais ils ont donnent à tout le monde un emploi. De ce point de vue, c’est une réussite.

Mais ils sont aussi dénoncés pour leur précarité et la pauvreté qu'ils génèrent.

C'est vrai. Et pourtant, si les conséquences sociales étaient aussi terribles qu’on le dit, cela devrait se voir dans le niveau de pauvreté. Or, ces taux en Allemagne et en Grande Bretagne ont augmenté et sont devenus un peu plus élevés qu'en France (16% au lieu de 15%), mais pas tant que cela. Et la pauvreté a d’autres raisons plus lourdes et anciennes que les mini-jobs. En Allemagne, elle se concentre dans l'ex-Allemagne de l'Est, à l'Ouest elle est bien plus basse que chez nous.

Quelle conclusion tirer ?

Les choix allemand et britannique n’ont pas créé de miracle et peuvent être critiqués. Mais si on compare à la France, que voit-on ici ? Une progression dramatique du nombre de chômeurs de longue durée, de personnes qui restent longtemps éloignés du marché de l'emploi. Un pessimisme collectif record. Un système de revenus sociaux plus généreux qu’ailleurs mais qui ne conduit pas à la réinsertion. Il est de bon ton de voir la paille dans l’œil de nos voisins - qui corrigent d’ailleurs leurs excès -. Nous oublions trop vite la poutre qui nous aveugle.

Pour finir, une information des Echos sur la vente des Rafale au Qatar.

C’est un superbe contrat. Mais les qataris auraient obtenus discrètement que leur compagnie aérienne puisse effectuer des vols réguliers vers Lyon et Nice, au grand dam d’Air France. Dans les contrats, il y a quelquefois des codicilles qui ont vocation à rester secrets. Raté.

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