Les sociétés d’autoroutes proposent d’entretenir les périphériques urbains, en contrepartie de péages bien sûr !

C’est une proposition révélée par mon confrère des Echos Lionel Steinmann et à laquelle le gouvernement a répondu dès hier : même pas en rêve, c’est non. 

La Sanef, Vinci et Eiffage planchent sur cette idée depuis des mois : gérer et entretenir les autoroutes proches des grandes villes, Paris, Nantes, Bordeaux, etc, et pourquoi pas le périphérique parisien, en échange d’un allongement de leurs concessions sur tout le réseau et / ou de l’installation de péages sur les kms qu’elles prendraient en charge. Dans leurs brainstorming les plus fous, elles parlent de 600 kms de routes nationales à récupérer. 

Evidemment, déchaînement sur les réseaux sociaux et tollé politique sur un air bien connu : pas question de discuter avec les autoroutes, le contribuable et l’automobiliste (ce sont les mêmes mais avec deux portefeuilles) y perdent généralement. 

Et pourtant, Nicolas, vous me connaissez, soyons provocateur un instant, est-ce une idée si farfelue que cela ? En tous cas, elle ne se poserait pas si les routes nationales à la charge de l’État étaient bien entretenues. Or, leur état laisse parfois à désirer, des tas de rapports le confirment. L’A1 entre Roissy et Paris présente par exemple un visage honteux de crasse, et pas seulement dans la perspective des JO de 2024. 

Selon des données publiques et officielles, sur une échelle de 1 à 20, la note moyenne de l’état de ces routes nationales en France est passée de 17 à 16 en moins de dix ans, cela a l'air bon, mais cela veut dire que certaines se sont vraiment dégradées. 

Sachez au passage que nous pouvons tous vérifier l’état des routes en ligne sur Internet, c’est nouveau.

Que s’est-il passé ?

Le budget d’entretien des routes nationales non concédées a sévèrement chuté à partir de 2010, et il ne remonte  de 100 millions que cette année ; Que s'est il passé ? L’État n’a plus d’argent ; Le trafic n’en finit pas d’augmenter ; Enfin, l’État a manifestement du mal à s’investir dans l’entretien, chacun constate que les autoroutes concédées sont en meilleur état. 

Alors, sur le papier, dire oui à Vinci et à la Sanef améliorerait la qualité du réseau et installer davantage de péages favoriserait même le covoiturage ou … les transports en commun ! 

Sauf que ce qui rend impossible à court terme le projet des sociétés autoroutières, c’est qu’elles sont trop fortes et trop malignes face à un Etat qui négocie souvent en position de faiblesse, et est suspecté d’accepter des hausses de péages disons généreuses parce qu’il est moins compétent financièrement. 

Bref, impossible à très court terme, mais on en reparlera à moyen terme.

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