Le gouvernement est toujours empêtré dans l'affaire des masques. La grande distribution et les entreprises ont réussi à en trouver et elles communiquent assurément mieux que l'Etat !

Masques : le privé meilleur que l'Etat. Ici, la distribution de masques faciaux à Vincennes, avril 2020
Masques : le privé meilleur que l'Etat. Ici, la distribution de masques faciaux à Vincennes, avril 2020 © AFP / Philippe Lopez

La France n’arrive toujours pas à sortir des polémiques sur les masques

C'est un sparadrap qui colle au doigt du gouvernement, dont il n’arrive pas à se dépêtrer. 

Au début, le problème était le manque (réel) de masques dans les hôpitaux. Ce week-end, les noms d’oiseaux ont volé entre la médecine de ville et la grande distribution, accusée d’avoir constitué des stocks au détriment des chirurgiens, des kinés, des infirmières etc. (accusation totalement infondée et étrange jusqu’à preuve du contraire). Et cette semaine, c’est la possibilité pour chaque Français d’en avoir le 11 mai qui sera LE sujet. 

En réalité, le sujet dépasse la France : on l’a appris hier, un médecin britannique sur deux a dû se débrouiller tout seul. 

En réalité aussi, on reproche tout et son contraire au gouvernement. Quand il n’y avait pas assez de masques, c’était un scandale. Quand ils arrivent par dizaines de millions comme aujourd’hui, c’est encore un scandale. Quand l’Etat les a réquisitionnés mi-mars, scandale. Quand il en libère la vente, scandale toujours. Il faudrait choisir. La réalité est qu’aujourd’hui, globalement, il y en a. 

Mais du coup, où sont les vraies fautes de l’Etat ? Elles sont énormes : il n’y a pas eu pas assez de protections des soignants au départ et c’est la pénurie qui a guidé son discours public. Economiquement, son incapacité à faire des achats groupés, à trouver les bons fournisseurs à l’étranger (le sourcing), à organiser la logistique pour que les masques soient bien distribués partout, tout cela apparaît encore plus quand on voit que le secteur privé y arrive aujourd’hui pour protéger ses salariés et en vendre. 

Seul bémol ? L’Etat a constitué une filière pour fabriquer les masques grand public en tissu, masques toutefois ... qui filtrent 70% à 90% seulement des particules.

Le gouvernement peut-il s’en sortir ?

  • D’abord, s’il arrête de cafouiller

Le vade-mecum publié hier soir par Muriel Pénicaud indique noir sur blanc que dans les entreprises les masques chirurgicaux sont "destinés aux professionnels médicaux" ... alors que toutes les entreprises en ont achetés pour leurs salariés. Renseignements pris, tout le monde peut en porter, mais c’est difficile à suivre. 

  • Ensuite et surtout, ce qui est incompréhensible sur les masques, c’est l’absence de transparence

Chaque jour, on entend des chiffres, 1, 2, 3 milliards de commandes, hier, 500 millions qui seraient arrivés et 100 millions livrés aux professionnels libéraux. On n’y comprend rien. Seul un document récapitulant ce qui a été, est et sera fait pourrait éclaircir cette boîte noire. Pourquoi n’existe-t-il pas ? Mystère.

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