Ce week-end, le débat a fait fureur sur la fiscalité du diesel au sein du gouvernement.

Oui, dans une étonnante cacophonie, on a entendu sur le sujet, par ordre d’apparition hier, Arnaud Montebourg, Delphine Batho (ministre de l’Environnement), Cécile Duflot et Pierre Moscovici. Sans oublier une communication de Matignon. Et au fond ce matin, on ne sait rien de définitif, sauf qu’il ne se passera rien avant 2014, et qu’il y a plusieurs positions, ce qui est normal. Ce qui l’est moins est qu’elles s’expriment publiquement à ce point, au risque de perturber le marché automobile. On a ainsi entendu Cécile Duflot, rappelons-le, ministre du ... Logement, expliquer ici même qu’elle ne voulait plus du diesel en France. C’est faire preuve de légèreté. Maintenant, le problème est que le débat est parti à l’envers.

Que voulez-vous dire ?

A entendre les déclarations, on a l’impression que le sujet, c’est l’instauration ou non d’une prime pour aider les propriétaires de véhicules diesel anciens et polluants à les quitter pour acheter un autre véhicule. Le point de départ, ce n’est pas cela ! Le point de départ, c’est l’objectif que s’est fixé le gouvernement de trouver plus de trois milliards d’euros sur la fiscalité écologique pour financer le fameux crédit d’impôt pour les entreprises annoncé en novembre. Le point de départ, ce n’est donc pas une aide, mais une hausse d’impôt ! Et c’est la question de l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Il y a d’autres pistes mais c’est la principale.

Et cela pose un problème ?

L’écart entre les deux prix à la pompe tourne autour de 17 centimes, 20 centimes avec la TVA. C’est le même en Allemagne. Il y a d’abord un débat scientifique sur la nocivité du diesel. Il émet moins de CO2 mais aussi des particules fines dangereuses. Or depuis début 2011, les voitures sont équipées de filtre à particule, donc y a-t-il encore un problème ? Ensuite, là où PSA et Renault sont très inquiets, c’est que, surtout PSA, les constructeurs français se sont spécialisés dans le diesel - 60% du parc auto.

D’où l’idée d’une prime à la reconversion ...

Dont l’idée est défendue par Arnaud Montebourg et Delphine Batho. Mais cette idée fait tousser l’Elysée et Matignon, qui n’ont pas oublié que le premier objectif, c’est de rentrer de l’argent, pas d’en sortir. Et ils font vite des calculs : pour financer une prime et le crédit d’impôt, il faudrait remonter de 20 centimes le prix du gazole. Pas fou ... !

Bon, peut-on avoir quand même quelques certitudes ou des intuitions ?

Quatre. Un : il y a trop de diesel en France, pays qui doit en importer parce que nos raffineries, que l’on ferme, produisent de l’essence, que l’on exporte. Deux, une intuition : François Hollande a annoncé qu’il n’y aura presque plus de hausse d’impôt, et on parle d’une hausse énorme du prix des carburants. Qui est le chef ? Parions du coup que l’alignement sera limité. Trois : il n’y a rien de pire que de déstabiliser un marché avec des rumeurs. Quatre : l’emballement médiatique dès qu’il s’agit d’impôt reste un sujet d’émerveillement !

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