La Banque centrale américaine a décidé mardi la plus forte baisse de ses taux d'intérêt depuis 2008. Officiellement pour limiter l'effet économique du choc épidémique. Peut-être surtout pour aider Wall Street. Pour l'instant le gel est un pétard mouillé.

Coronavirus, que peut-on attendre de ce début de riposte économique internationale ?
Coronavirus, que peut-on attendre de ce début de riposte économique internationale ? © AFP / Mehdi Taamallah / NurPhoto

Que peut-on attendre du début de riposte économique internationale face au Coronavirus annoncé mardi ? 

La question est de savoir si cette riposte contre la contagion économique du virus sera coordonnée ou pas. Si elle se fera sur le mode "tous ensemble" ou le mode "chacun pour soi". Ces dernières années, c’est le chacun pour soi qui l’a emporté, on l’a vu avec les batailles commerciales. 

1er point : tous les continents pensent que la situation est sérieuse : le Covid-19 va affaiblir la croissance parce qu’il touche à la fois l’offre (la production qui ralentit) et la demande (la consommation qui diminue). La situation n’a certes rien à voir avec 2008 (c’était une crise de liquidité financière), mais l’expérience de 2008 porte : il faut agir vite. 

Quelles actions ? 

Hier, les pays les plus industrialisés (sans Pékin), ceux du G7, ont promis d’agir fort dans un communiqué en vérité un peu flou. C’était à 13 heures 49. Et à 16 heures pile, la banque centrale américaine (la Fed) a dégainé l’arme lourde, la plus forte baisse de ses taux d’intérêt depuis 2008. Personne n’attendait cette décision dès hier – y compris ceux qui étaient dans la même pièce deux heures plus tôt. 

Cette décision peut avoir un sens rassurant – ou pas. 

1 - Lecture rassurante : la Fed fait le job pour soutenir son économie, et soutenir son économie, la 1ère mondiale, c’est soutenir le monde. 

2 - Moins rassurant : les Américains ont des informations inquiétantes sur l’impact réel du virus sur l’économie chinoise, économie qu'ils connaissent mieux que nous. Ou, au choix et surtout, on peut penser que le 1er objectif de la Fed est de soutenir Wall Street (parce que beaucoup d’Américains sont concernés par la Bourse), tout en faisant plaisir à Donald Trump, qui veut des indices boursiers tout beaux tout hauts jusqu’en novembre (quand les taux d’intérêt baissent, les actions montent). 

Bref, ce serait des Américains très « perso », pas collectifs. A noter que cela n’a pas marché, Wall Street s'est stressé. 

Et l’Europe dans tout ça ?

La BCE a déjà des taux d’intérêt à zéro, donc elle n’a plus de cartouches faciles dans sa cartouchière. Et l’Allemagne, comme en 2008, considère que la situation ne mérite pas de la précipitation. On a l'habitude. 

Donc, chaque gouvernement devra agir en solo, avec l'arme budgétaire, pour aider ses entreprises en risque (surtout les PME), tandis que Christine Lagarde, en poste à Francfort depuis seulement quatre mois, est au pied du mur le plus élevé de toute sa carrière professionnelle.

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